Jardinons sain, jardinons malin !

Suivez les conseils de notre petit Sapinet dans cette rubrique, qui regroupe des conseils pratiques de jardinage, selon les saisons et inclut une petite vulgarisation des sciences botaniques, type les « plantes pour les nuls ».


Brrr… Mais comment font-ils en hiver?

Revoici la saison des moufles et du vin chaud… Alors que nous disposons de toutes sortes d’équipements pour nous protéger du froid, quelles sont les stratégies adoptées par les habitants du jardin pour survivre à la mauvaise saison?

Le climat belge est dit «tempéré de type océanique». Cela signifie que les températures n’y sont pas extrêmes, que les précipitations sont réparties sur toute l’année et que celles-ci se divisent en deux grandes saisons: un été doux et un hiver frais. Cette «douceur» de notre climat par rapport à celui d’autres régions du monde n’exclut évidemment pas des températures négatives une bonne partie de l’hiver, en particulier dans l’Est de la Belgique.

Alors qu’après un dernier toilettage du jardin, nous avons remisé nos outils pour nous installer au coin du feu et bouquiner en attendant le printemps, la faune sauvage reste dehors, exposée aux frimas. Cette perspective, assez effrayante pour un humain (n’oublions pas nos origines tropicales!), fait néanmoins partie de l’ordre des choses pour la faune indigène, qui a développé différentes stratégies d’adaptation.

Les invertébrés

Commençons par les êtres les plus petits: insectes, araignées, escargots et tous leurs congénères rampants et volants. La baisse des températures contraint ces petites bêtes à diminuer fortement leur activité: elles restent à couvert car leurs muscles fonctionnent au ralenti, ce qui ne leur permet pas de chercher de la nourriture de façon efficace. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’y a pratiquement plus de fleurs lorsque la température diurne passe sous les 10°C: pourquoi dépenser de l’énergie à fleurir alors que les pollinisateurs sont inactifs? Pas folles, les plantes!

Chrysope (photo: AJC1)

La plupart des invertébrés ont une vie brève et les adultes meurent avant l’hiver. Les espèces concernées passent la mauvaise saison sous la forme d’oeuf, de larve ou de nymphe, dans le sol, le bois, une tige ou la litière de feuilles mortes.

Certaines espèces parviennent à survivre à l’hiver à l’état adulte: c’est le cas de plusieurs papillons (citron, paon du jour, petite tortue...), des chrysopes et des coccinelles, qui se cachent dans le lierre ou une fente d’écorce, ou bien pénètrent dans les greniers et remises à l’arrivée de la mauvaise saison. Quel que soit son stade de développement, l’animal cesse de se nourrir et respire au ralenti: cette léthargie est induite par le raccourcissement de la durée du jour. Et c’est grâce à une sorte d’antigel que toute cette microfaune ne se transforme pas en petits glaçons.

Fait assez méconnu: certaines espèces de papillons sont migratrices, comme le vulcain et la belle-dame. Le papillon qui revient au printemps n’est cependant pas celui qui nous avait quitté à l’automne, mais sa descendance… De leur côté, les escargots ferment leur coquille avec un opercule, à l’instar de ce qu’ils font en période de sécheresse.

Les amphibiens et reptiles

Grenouilles, crapauds, tritons et lézards sont eux aussi incapables de réguler leur température corporelle (on les dit parfois erronément «à sang froid»). Par conséquent, leur température interne varie en fonction de celle du milieu. Le froid va donc les faire entrer en léthargie: ils vont s’enterrer dans le sol, sous une pierre ou des feuilles mortes, ou encore dans la vase au fond d’une mare et passer l’hiver sans se nourrir, en respirant au ralenti.

Les oiseaux

Le vol est un grand consommateur d’énergie, ce qui nécessite un métabolisme rapide: nos amis à plumes ont par conséquent une température corporelle plus élevée que la nôtre (entre 40 et 43°C environ). Dans leur cas, pas le choix, il faut rester actif – et manger beaucoup!

La suite des événements dépend de la disponibilité de la nourriture en hiver: de nombreuses espèces d’oiseaux du Nord de l’Europe sont ainsi contraintes de migrer vers le sud à cause de l’importante couche de neige et de la glace qui recouvre les plans d’eau. En Belgique, les oiseaux se nourrissant uniquement d’insectes en vol (hirondelles, martinets) partent pour l’Afrique. D’autres espèces restent chez nous et doivent se constituer des réserves de graisse et gonfler leur plumage pour résister au froid: merle, rouge-gorge, mésanges, pigeons, accenteur mouchet, pinson des arbres, verdier, tarin, pics… Mais ne vous fiez pas aux apparences: votre rouge-gorge d’hiver est peut-être danois, et remplace votre rouge-gorge d’été descendu passer l’hiver dans le Midi de la France!

Geai des chênes (Photo: Hans Joerg Hellwig)

Les oiseaux ne peuvent toutefois pas se permettre d’accumuler trop de graisse dans leur organisme, sans quoi ils ne pourraient plus voler. Certains petits malins ont trouvé la parade: stocker la nourriture. C’est le cas du geai des chênes, grand amateur de glands. Il constitue de nombreuses réserves qui ne sont pas toutes consommées, ce qui contribue à la dissémination des différentes espèces de chênes. Membre de la famille des Corvidés, il s’agit d’un oiseau particulièrement intelligent, comme ses cousines la pie et la corneille. Ceux qui prétendent qu’il oublie ses cachettes ne sont que de mauvaises langues!

Les espèces granivores et celles capables d’ouvrir les fruits à coques (noisettes, glands, faînes…) trouvent normalement assez de nourriture pendant l’hiver. Les derniers fruits apportent un complément bienvenu aux espèces qui les apprécient, alors que les insectivores stricts (comme le troglodyte mignon) doivent redoubler d’efforts pour se nourrir et sont donc plus vulnérables. Les oiseaux, même ceux appartenant à des espèces solitaires, ont par ailleurs tendance à se regrouper, en particulier la nuit, afin de se tenir chaud.

Les mammifères

Comme les oiseaux, les mammifères ont le sang chaud, mais certains ont la capacité d’hiberner, c’est-à-dire d’entrer en léthargie à l’automne et d’y rester tout l’hiver. Leur température corporelle descend, leur rythme cardiaque et leur respiration ralentissent: c’est le cas des chauves-souris, du hérisson et des rongeurs de la famille des Gliridés (lérot, loir et muscardin – seul le premier est présent à Bruxelles). Ces animaux doivent évidemment trouver un abri où ils ne seront pas dérangés pendant plusieurs mois.

Lérot (photo: Jctramasure)

Les autres mammifères restent actifs en hiver, parfois avec des périodes de repos comme chez l’ours et l’écureuil. Ce dernier, comme le geai, fait des provisions de noix diverses; vous le verrez parfois se servir de cacahuètes aux mangeoires. Il se construit également un nid sphérique avec des rameaux et utilise sa queue touffue comme couverture. Renard, musaraignes, mulots, campagnols, Mustélidés (à Bruxelles: fouine, martre, putois, hermine et belette) doivent continuer à chercher leur nourriture en permanence.

Pour résister à l’hiver, les mammifères développent un pelage plus fourni. Cela se remarque notamment chez l’écureuil roux, dont les oreilles s’ornent de longs «pinceaux» de poils à partir de la fin de l’été. L’hermine, présente en forêt de Soignes, partage avec certains animaux montagnards ou arctiques la caractéristique de changer de couleur en automne: son pelage brun vire au blanc, plus discret sur la neige, à l’exception du bout de sa queue qui reste toujours noir.

Aider la faune: oui mais comment?

La première chose à faire est d’adopter les principes d’un jardin «nature admise», en suivant les conseils prodigués dans votre rubrique préférée… Il faut privilégier les plantes sauvages indigènes, qui attirent le plus grand nombre d’insectes et produisent des graines et fruits appréciées des oiseaux. Et vous n’utiliserez aucun pesticide chimique, bien entendu!

Le grand nettoyage se fait au printemps (comme le dit l’expression): à l’automne, laissez en place les tiges et feuilles mortes dans vos plates-bandes et conservez une litière de feuilles sous les haies et les arbustes, afin que les invertébrés s’y cachent. Ces débris végétaux truffés de petites bêtes seront le terrain de chasse des oiseaux du jardin en hiver. Vous pouvez également installer des abris à chrysopes, coccinelles et papillons.

Les oiseaux utiliseront peut-être les nichoirs comme abris hivernaux. Vous pouvez éventuellement les nourrir en suivant les conseils donnés dans un précédent article de notre infolettre. La présence d’un vieux lierre est un atout certain: son feuillage persistant et touffu offre un abri de choix aux invertébrés et aux oiseaux, et sa fructification hivernale, alors que les autres baies ont déjà été consommées, est une véritable aubaine pour les oiseaux.

Pour aider les reptiles et les amphibiens à passer la mauvaise saison, veillez à ce que votre jardin comporte un tas de pierres, de branches et/ou de feuilles, où ils seront tranquilles jusqu’au printemps. Pour ce qui est des chauves-souris, donnez-leur accès à un local hors gel mais non chauffé (cave ou garage). Les lérots s’installent parfois dans un nichoir à oiseaux. Quant aux hérissons, vous pouvez leur fournir un gîte d’hibernation approprié, acheté ou construit par vos soins. Vous pouvez aussi vous contenter de constituer une «lasagne» de branches et de feuilles, avec une bâche en plastique au milieu pour améliorer l’imperméabilisation.

Si vous croisez un hérisson encore actif en novembre ou durant l’hiver, sauvez-lui la vie en lui proposant de la pâtée pour chats plusieurs jours d’affilée. Son activité est en effet le signe qu’il n’a pas encore accumulé assez de graisse pour hiberner tout l’hiver. Et surtout, ne rechargez plus les tas de branches et ne déplacez plus les tas de feuilles à la fourche une fois l’hiver venu, au risque de faire un carnage!

Quelques ressources pour vous aider

Pour aménager un jardin accueillant pour la nature, consultez les sites du réseau nature et de nature au jardin

Pour attirer et aider la faune toute l’année, laissez-vous inspirer par deux livres: La nature sous son toit de Jean-François Noblet et Le jardin des insectes de Vincent Albouy et Gilbert Hodebert, tous deux parus aux éditions Delachaux et Niestlé.

Pour vous procurer des abris, nichoirs et mangeoires de qualité, nous vous conseillons de vous tourner vers la marque Schwegler ou vers les produits Vivara

 

Julie Bingen (novembre 2018)


La mare: même dans un petit jardin!

«Un jardin de nature sans mare est un théâtre sans scène». Cette phrase du paysagiste anglais Chris Baines est criante de vérité: les plans d’eau donnent vie au jardin en attirant la faune comme de véritables aimants. Cela vaut pour les humains aussi, d’ailleurs: lâchez quelques enfants à proximité d’une mare et ils se retrouveront sur ses bords (si pas dedans) en quelques minutes!

Attirante pour la faune sauvage, attirante pour nous, la mare a toute sa place dans un jardin nature admise. D’autant plus que les milieux humides se font rares dans les campagnes, où ils sont trop souvent comblés et drainés afin d’augmenter la surface des terres agricoles. Créer une mare est donc un acte citoyen!

Toutefois, il s’agit d’un aménagement qui demande préparation et réflexion si l’on ne veut pas courir à l’échec. Nous vous encourageons donc à mettre l’été à profit pour vous documenter en vue d’installer une mare en septembre. Voici quelques informations de base, à compléter par la lecture d’ouvrages et sites web spécialisés.

Choix de l’emplacement

La mare doit être installé dans un endroit:

  • ensoleillé: au moins 5 heures de soleil par jour, afin que l’eau se réchauffe;
  • éloigné des arbres: moins d’ombre, moins de feuilles mortes dans l’eau en automne, pas de racines qui gênent la réalisation de la mare;
  • plat: il sera plus facile de creuser et d’avoir des bords au même niveau partout!

Une astuce: utilisez un tuyau d’arrosage pour matérialiser les bords de la mare que vous envisagez de creuser et laissez-le en place plusieurs semaines. Cela vous permettra de vérifier que l’emplacement choisi est suffisamment ensoleillé et ne gêne pas la circulation dans le jardin.

Conception

Pour ce qui est de la forme de la mare, on la préférera irrégulière, avec des pentes douces pour que les animaux tombés dedans puissent en ressortir et pour permettre l’installation de plantes variées (chaque espèce ayant ses exigences en matière de profondeur de l’eau). De plus, les berges en pente sont moins sensibles au gel (la glace occupe plus de volume que l’eau liquide) et l’eau s’y réchauffe plus vite au soleil, ce qui est apprécié par de nombreux organismes.

La profondeur nécessaire est de 80 cm au moins, pour avoir une masse d’eau supportant l'évaporation en été et pour maintenir une certaine hauteur d’eau non gelée en hiver, ce qui permet à certains animaux de survivre au fond de la mare.

Pour une petite mare, l’idéal est de prévoir des paliers successifs, afin d’atteindre plus rapidement une profondeur suffisante. Aménagez aussi un accès à la mare (zone de gravier, pierres plates ou ponton en bois) afin de pouvoir observer ce qui s’y passe sans déranger la flore et la faune.

Dessin : E. Branquart (tiré du site mares.natagora.be)

Réalisation

Pour une mare naturelle, le coût principal est celui des matériaux. Idéalement, vous choisirez une bâche, qui s’adaptera à toutes les formes de mares. Les plus résistantes sont en membrane EPDM. Avant de l’installer, posez sur le sol un treillis métallique 1x1 cm (contre les rongeurs) et une couche de sable ou un géotextile pour éviter que la bâche soit perforée par des cailloux (le géotextile bloque également les racines).

Il n’est pas absolument nécessaire de mettre de la terre au fond de la mare: de la vase se formera naturellement à partir des débris organiques, et il est plus facile pour l’entretien d’installer les plantes aquatiques dans des paniers perforés. Le remplissage se fera de préférence avec de l’eau de pluie, pauvre en éléments nutritifs, afin de ne pas favoriser le développement des algues.

Creuser et poser une bâche est assez sportif, pensez à demander de l’aide aux voisins ou à des amis – et à leur offrir l’apéro après!

Iris des marais (Wikimedia Commons)

Quelles plantes?

Il est absolument nécessaire d’avoir des plantes immergées qui oxygènent l’eau et servent de refuge à la faune aquatique.

Veillez à ne pas introduire de plantes oxygénantes invasives, telles que le myriophylle du Brésil, les élodées et la crassule de Helms. Préférez-leur des indigènes: le myriophylle en épi, le cornifle émergé et les callitriches.

Parmi les plantes émergées, notre flore indigène compte quelques bijoux: reine des prés, salicaire, populage des marais, sagittaire, valériane… Et bien entendu, une mare bruxelloise ne se conçoit pas sans l’iris des marais, emblème de notre Région!

Limnée (Wikimedia Commons)
Planorbe (Wikimedia Commons)

Quels animaux?

De nombreux insectes et autres invertébrés arriveront tout seuls ou s’introduiront «en stoemelings» avec les plantes que vous installerez. Vous serez étonné de la rapidité avec laquelle libellules, punaises d’eau et coléoptères aquatiques trouveront le chemin de votre mare! Pour ce qui est des escargots d’eau (limnées et planorbes), s’ils ne sont pas arrivés avec les plantes, il faudra vous en procurer car il est peu probable qu’ils apparaissent d’eux-mêmes.

S’agissant des amphibiens (crapauds, grenouilles et tritons), ils doivent impérativement coloniser votre mare par leurs propres moyens. En effet, partout en Belgique, il est interdit de les déplacer, quel que soit leur stade de développement (pontes, têtards et adultes).

Vous serez peut-être tenté d’acquérir des poissons pour la mare. Or, les poissons rouges et carpes koï sont des fouisseurs de vase, qui rendent l’eau trouble. De plus, les poissons ont la fâcheuse habitude de manger les œufs et larves d’amphibiens, voire les jeunes adultes. Il en va de même pour les canards et les tortues exotiques. Oubliez donc cette idée!

La mare attirera de toute façon une foule d’animaux non inféodés à l’eau mais en quête d’un abreuvoir, de nourriture ou d’un bain: oiseaux, chauves-souris, hérisson, insectes divers...

Quel entretien?

Il s’agit surtout de retirer de la matière organique, qui s’accumule vite dans une mare et mène à terme à son eutrophisation et son comblement: déchets végétaux, excès d’algues et de lentilles d’eau, feuilles mortes en automne… Il est important de toujours conserver une zone d’eau libre, pour que la lumière pénètre dans l’eau. Si vous avez une grande zone de marais, fauchez une partie des plantes chaque année et compostez le produit de la fauche. Si votre mare contient trop de vase au bout de quelques années, curez-la, mais pas sur la totalité du fond la même année (afin de ne pas détruire toute la faune qui y vit).

Quelques ressources pour vous aider

Julie Bingen (juin 2018)


Sauvez Kermit !

La saison de reproduction des amphibiens démarre : dès que la température nocturne atteint 7 °C et que le temps est humide, nous pouvons assister à de spectaculaires migrations de ces animaux vers leurs sites de reproduction. Parfois plus de 4 km ! Souvent, elles s’accompagnent malheureusement d’aussi spectaculaires hécatombes : sur les routes, tout véhicule roulant à plus de 30 km/h aspirera littéralement les amphibiens présents sur la chaussée, qui s’écraseront contre le soubassement du véhicule… sans compter ceux qui termineront écrabouillés sous les roues !

Parmi nos lecteurs se trouvent certainement de ces vaillants super-héros qui n’hésitent pas à braver le froid, de nuit, munis d’un seau et d’une lampe frontale, afin de ramasser les petits imprudents au bord de la route et de les faire traverser en toute sécurité. Mais dans votre jardin aussi, vous pouvez leur donner un coup de pouce. Après quelques informations d’ordre biologique, nous vous donnons une série de conseils pour les accueillir au mieux chez vous et contribuer ainsi à leur protection.

Crapaud commun (Wikimedia Commons)
Crapaud commun (Wikimedia Commons)
Grenouille rousse (Wikimedia Commons)
Grenouille rousse (Wikimedia Commons)
Triton alpestre (Wikimedia Commons)
Triton alpestre (Wikimedia Commons)
Salamandre (Wikimedia Commons)
Salamandre (Wikimedia Commons)

Nos espèces les plus courantes

Les amphibiens (aussi nommés batraciens) se répartissent en deux groupes : les anoures (les trapus à longues pattes postérieures) et les urodèles (à silhouette de lézard). Écartons tout de suite les malentendus : le crapaud n’est pas le monsieur de la grenouille, et le triton n’est pas l’amoureux de la salamandre ! Il s’agit bien de groupes d’amphibiens différents. Nous vous présentons les trois espèces les plus courantes, qui se rencontrent même dans certains jardins bruxellois.

Crapaud commun : corps trapu gris-jaune à brun, peau pustuleuse, œil orange à pupille horizontale, grosse glande allongée derrière chaque œil. Jusqu’à 11 cm ou plus (mâles plus petits que les femelles). Il se rencontre dans les milieux frais et boisés et pond dans les grands plans d’eau.

Grenouille rousse : couleur très variable (de jaune à brun-noir) avec des taches, pattes arrières rayées de sombre, deux lignes bien marquées sur le dos, œil doré à pupille horizontale, grande tache sombre derrière l’œil, museau arrondi. Jusqu’à 7 cm en plaine (mâles plus petits que les femelles). Elle se rencontre dans tous les types d’habitats humides, jusqu’en montagne, et pond dans des mares de faible profondeur.

Triton alpestre : peau brune, verdâtre ou gris-bleu avec des taches plus ou moins visibles, ventre orange caractéristique. En période de reproduction, les mâles sont franchement bleus avec une petite crête, ainsi que des motifs noirs sur fond clair le long des flancs, sur les pattes et sur la crête. Jusqu’à 11 cm (mâles plus petits que les femelles). Il pond dans les points d’eau peu profonds.

Et la salamandre ? La seule espèce belge est strictement nocturne et forestière. Il s’agit de la salamandre tachetée, noire et jaune, qui vit près de ruisseaux à l’eau très pure (notamment en forêt de Soignes). Particularité : elle est ovovivipare, c’est-à-dire que les œufs se développent à l’intérieur du corps de la femelle. Lorsque celle-ci vient pondre dans l’eau, les larves émergent immédiatement des œufs.

De l’eau, mais pas seulement !

Nous associons toujours les amphibiens à l’eau, et ils n’ont pas été baptisés ainsi par hasard : ils dépendent en effet du milieu aquatique pour se reproduire, puisqu’ils y pondent leurs œufs. Mais les amphibiens ne vivent généralement pas dans l’eau en dehors de la saison de reproduction ! Il s’agit avant tout d’animaux terrestres qui apprécient l’humidité. En effet, leur peau nue supporte mal la sécheresse. C’est pourquoi ils sont surtout actifs la nuit et par temps pluvieux, ainsi que dans les zones ombragées.

Abri à amphibiens (Vivara)
Abri à amphibiens (Vivara)
Échelle à amphibiens (Vivara)
Échelle Vivara
Bordure de jardin en plastique ondulé (123jardin.fr)
Bordure de jardin en plastique ondulé (123jardin.fr)
Protège-soupirail (http://www.huis-en-comfort.be)
Protège-soupirail (http://www.huis-en-comfort.be)
Échelle de sauvetage adaptée aux piscines (http://www.froglog.us/)
Échelle de sauvetage adaptée aux piscines (http://www.froglog.us/)

Un jardin pour les amphibiens

C’est avant tout un jardin sans pesticides (herbicides, insecticides, etc.) car la peau perméable des amphibiens y est très sensible. C’est ensuite un jardin plein de petits invertébrés à se mettre sous la dent : insectes, araignées, limaces, vers, cloportes… Tiens, ça tombe bien, comme vous n’utilisez pas de pesticides, les amphibiens ont de quoi manger ! Et en retour, ils vous aideront à contrôler les populations de nuisibles dans vos plates-bandes et votre potager.

Les amphibiens ont également besoin d’endroits où s’abriter de la sécheresse et des prédateurs. Tas de branches, de pierres et/ou de feuilles mortes, lierre, roncier, hautes herbes, arbustes touffus, plantes couvre-sol : tout coin ombragé (et donc relativement humide) fera l’affaire. Vous pouvez aussi installer un abri spécifique pour amphibiens.

Et l’eau dans tout ça ? Si vous avez assez de place, une mare est toujours utile comme site de reproduction potentiel, et parfois aussi d’hibernation. Il faut savoir que les plans d’eau se font rares dans les campagnes, et certainement au milieu des pâtés de maison. Attention : partout en Belgique, il est interdit de déplacer des amphibiens (pontes, têtards et adultes). C’est donc aux animaux eux-mêmes de trouver le chemin de votre jardin. Cette règle n’est que du bon sens : difficile d’être certain que votre mare et votre jardin offrent à l’espèce concernée les conditions de vie requises ! Par ailleurs, si votre plan d’eau abrite des poissons ou attire des oiseaux aquatiques, les œufs et larves d’amphibiens leur serviront surtout de repas...

Les dangers du jardin

Outre les chats, qui ont la fâcheuse habitude de chasser tout ce qui bouge, les amphibiens ont au jardin un autre ennemi qu’ils partagent avec beaucoup d’autres espèces animales : les TROUS. Entendez par là tout ce qui a des parois lisses et à peu près verticales : seau, bassin maçonné, avaloir, terrasse ou cour en contrebas, escalier extérieur qui mène à la cave, tuyau vertical, soupirail, piscine... Les amphibiens ne sont pas alpinistes, et s’ils se retrouvent dans un trou, ils sont incapables d’en sortir et sont voués à mourir de faim, d’épuisement ou de déshydratation. Ironie du sort, les trous étant souvent humides, ils attirent précisément Kermit et ses copains...

Déclarez donc la chasse aux trous ! Voici quelques idées :

  • abri à amphibiens (ou pot de fleur cassé, planche posée en oblique contre un mur...) : installé sur une terrasse ou dans une cour en contrebas du jardin, voire au pied d’un escalier menant à une cave, il offre un abri temporaire aux amphibiens incapables de remonter l’escalier vers le jardin. Il vous suffit de regarder de temps en temps s’il n’y a pas un locataire. Vérifiez également les espaces entre vos pots de fleurs et autres recoins.
  • échelle/rampe à amphibiens : indispensable si vous avez un bassin maçonné, avec des parois bien verticales. Elle offre une issue aux amphibiens, mais également à tout autre petit animal tombé dans le bassin : hérisson, rongeur, caneton… Vous pouvez aussi l’installer sur les quelques marches qui séparent votre cour du jardin.
  • bordures en plastique (pour plates-bandes) : installées à des endroits stratégiques (p.ex. au niveau d’un muret de soutènement), elles bloquent le passage des amphibiens, à la manière des installations visibles le long des routes en période de migration.
  • grillage à mailles très fines à poser sur les grilles des soupirails
  • pour les piscines et bassins en dur, un biologiste américain a mis au point le Frog Log, une petite échelle de sauvetage : ça c’est de la conception mes amis ! http://www.froglog.us/

La firme Vivara (partenaire de Natagora) propose des abris et des échelles à amphibiens : www.vivara.be.

Pas de rainette dans mon assiette !

Depuis les années 1950, on observe dans le monde entier un déclin important des populations d’amphibiens. Les causes en sont multiples : destruction des zones humides et des forêts, fragmentation des habitats (entraînant notamment une forte mortalité sur les routes), pollution chimique (pesticides et nitrates), irrégularités climatiques (gelées et sécheresses), maladies émergentes… La consommation humaine a également sa part de responsabilité : en Asie, en Europe et en Amérique du Nord, les cuisses de dizaines de millions de grenouilles sont mangées chaque année. Or, la plupart de ces animaux ne proviennent pas d’élevages mais sont prélevés dans la nature, en Asie principalement. Au vu de la demande, cela pourrait entraîner d’ici peu l’extinction des espèces concernées. Abstenez-vous donc de manger des cuisses de grenouille !

En guise de conclusion, pensez à consulter le site web de Natagora consacré aux amphibiens: http://batraciens.be/ Vous y trouverez entre autres le programme des opérations de sauvetage prévues de février à avril à Bruxelles et en Wallonie. N’oubliez pas vos gilets réfléchissants !

Julie Bingen (mars 2018)


Des fleurs pour votre jardin (partie 1): les belles indigènes

Peu d'entre nous conçoivent un jardin sans fleurs. Le choix est vaste, surtout si l'on se tourne vers des pépinières spécialisées en plantes vivaces. Toutefois, il n'est pas évident de trouver dans le commerce des fleurs sauvages bien de chez nous: elles y sont peu fréquentes et leur caractère indigène n'est pas nécessairement mentionné.

Par ailleurs, les espaces de nature authentique sont devenus rares dans notre pays surpeuplé. Par conséquent, nos fleurs sauvages sont méconnues du public, alors qu'elles peuvent être d'une beauté renversante. Découvrez-les avec nous !

Tout d'abord, que signifie exactement "indigène"?

"Indigène" est synonyme de "autochtone": en biologie, cet adjectif désigne une plante ou un animal qui est présent spontanément dans une région du globe, sans que l'être humain ne l'y ait introduit.

Et qu'est-ce qu'une "région", alors? C'est un territoire caractérisé par un climat et un sol spécifique; il attirera donc certaines plantes plutôt que d'autres, ainsi que la faune qui se nourrit de ces plantes. Son étendue peut être réduite: ainsi, la Nouvelle Flore de la Belgique, du Grand-Duché de Luxembourg, du Nord de la France et des régions voisines (la bible du botaniste belge!) rattache le territoire de la Belgique à pas moins de 7 "districts phytogéographiques" différents!

En effet, dans notre pays pourtant minuscule, certaines plantes ne poussent spontanément qu'en bord de mer, dans les Hautes-Fagnes ou sur certaines falaises, et nulle part ailleurs. Elles ne sont donc indigènes que dans certaines régions de Belgique. Mais beaucoup de végétaux sont assez adaptables et se rencontrent à travers tout notre pays (et bien au-delà).

Pourquoi préférer les fleurs indigènes?

La flore et la faune d'une même région ont évolué en parallèle: plantes et animaux "du cru" sont parfaitement adaptés les uns aux autres, et même dépendants les uns des autres. Le cas des insectes est parlant: les larves de certaines espèces ne se nourrissent que d'une seule espèce de plante. Les fleurs, quant à elles, sont adaptées, par leurs formes et leurs couleurs, aux pollinisateurs susceptibles de les visiter (en Europe, ce sont principalement des insectes). Etant donné que les végétaux sont la base des chaînes alimentaires, vous ne pouvez pas vous passer des plantes indigènes si vous souhaitez un jardin grouillant de vie. Sans elles, votre terrain n'attirera jamais autant d'insectes, et donc d'oiseaux, d'amphibiens (crapauds, grenouilles, tritons) et de petits mammifères (musaraignes, hérissons, chauves-souris).

Certes, les fleurs sauvages de Belgique sont souvent moins spectaculaires que beaucoup de plantes classiques des jardins. En réalité, leur beauté est juste différente: avec leurs couleurs moins criardes (l'orange et le rouge vif sont pratiquement absents) et leurs fleurs assez petites, elles nécessitent souvent qu'on les admire de près, ou qu'on les plante en groupe pour obtenir un bel effet de masse. Si vous souhaitez que votre jardin ait l'air "naturel" et s'intègre harmonieusement dans le paysage, elles sont indispensables!

Comment faire son choix dans ce monde méconnu?

Libre à vous de ne choisir que des plantes tout à fait indigènes dans votre "district phytogéographique" (pour les Bruxellois: le district brabançon, cf. Nouvelle flore de Belgique). Mais vous pouvez également étendre votre choix à tout ce qui pousse en Belgique si vous souhaitez plus de variété dans votre jardin.

Pensez au fait que de nombreuses fleurs ont des variantes de couleur qui apparaissent spontanément dans la nature. Il existe ainsi une forme à fleurs blanches (notée albus, alba ou album) de certaines plantes indigènes, ce qui permettra de diversifier vos plantations.

Quelques outils peuvent vous aider à découvrir les fleurs indigènes que vous pourriez adopter:

Ces trois dernières sources mentionnent quelques plantes qui ne sont pas indigènes en Belgique, comme le pavot du Pays de Galles. Vous pouvez les traquer à l'aide d'une flore si vous êtes un "pur et dur", mais elles pourraient bien vous plaire…

Quelques idées pratiques

  • troquez vos grandes jonquilles et vos ancolies nord-américaines contre leurs cousins locaux: Narcissus pseudonarcissus et Aquilegia vulgaris.
  • garnissez le pied de vos grandes tulipes d'un nuage de muguet et de myosotis.
  • n'engraissez pas et ne tondez pas trop court votre pelouse: vous bénéficierez de la floraison de la pâquerette et du trèfle blanc, peut-être aussi de la brunelle et du lotier corniculé.
  • pour un coin ensoleillé avec un sol drainant: la ciboulette (Allium schoenoprasum), l'origan (Origanum vulgare) et les serpolets (Thymus praecox, T. serpyllum, T. pulegioides) sont bien de chez nous et n'attirent pas que les insectes!
  • créez une bordure estivale colorée en installant marguerite commune, mauve musquée, linaire commune, centaurée jacée, knautie des champs, chicorée sauvage, millepertuis perforé, achillée millefeuille, bétoine, tanaisie, scabieuse colombaire, sauge des prés…
  • retenez-vous d'arracher la renoncule rampante (qui s'invite volontiers dans nos jardins) et installez la véronique petit chêne pour lui tenir compagnie: une belle complémentarité de couleurs (jaune et violet)!
  • si vous aimez les géraniums vivaces, essayez le géranium des prés, le géranium des bois, le géranium livide, le géranium sanguin, le géranium des Pyrénées (si si, on vous jure qu'il est indigène!) et le géranium herbe à Robert.
  • certaines plantes indigènes de grande taille sont carrément spectaculaires, par exemple la digitale pourpre, l'épilobe en épi, les molènes, l'angélique sauvage, la cardère, l'aconit napel et l'aconit tue-loup.
  • pour la fin de l'été et l'automne, voici deux (petits) asters qui poussent naturellement dans certains coins de Belgique: Aster lynosiris (jaune) et Aster amellus (mauve). Le séneçon jacobée et la mauve musquée donnent une seconde floraison à cette époque de l'année.

Où se les procurer ?

Nous nous sommes souvent demandé pourquoi les fleurs sauvages indigènes étaient si rarement disponibles à la vente. Serait-ce une question de rentabilité? Serait-ce lié à leur résistance naturelle, qui fait qu'il est plus difficile de vendre les engrais et pesticides "qui vont avec"? Serait-ce lié à leur beauté différente, moins appréciée des clients? Peut-être est-ce simplement de la méconnaissance…

Quoi qu'il en soit, dans un pays artificialisé comme le nôtre et comptant 11 millions d'habitants, pas question d'aller glaner des plantules dans la nature pour garnir son jardin: ce serait bientôt le désert! Voici donc quelques bons plans pour "indigéniser" vos plates-bandes:

  • pépinière Ecoflora à Hal (spécialisée en plantes sauvages principalement indigènes, et en plants potagers et fruitiers)
  • pépinière Ecosem à Corroy-le-Grand (spécialisée en plantes sauvages indigènes, en particulier sous forme de semences)
  • pépinière de la ferme Nos Pilifs à Neder-Over-Hembeek (pépinière classique, mais proposant aussi des plantes indigènes)
  • Bourse aux plantes sauvages organisée par Natagora Bruxelles tous les ans en novembre
  • échange de plantes avec des membres du Réseau Nature

La prochaine saison de plantation commence en septembre… D'ici là, bonnes découvertes!

Julie Bingen


Le printemps arrive ...

En ce joli mois de mars, les crocus sont en fleurs, les jonquilles pointent le nez… Il est temps de passer à l'action! Pour tous ceux d'entre nous qui n'ont pas la chance d'avoir un jardin et dont les pouces (verts, bien évidemment) démangent, aucune raison de ne pas laisser libre cours à leur créativité.

Exploiter les possibilités d'une courette, d'une terrasse ou de simples balconnières est un plaisir autant qu'un défi et répond, finalement, aux mêmes critères qu'un jardin:

  • adapter le choix des plantes à l'exposition et l’ensoleillement dont on dispose, leur donner la terre et le drainage qu'elles demandent
  • varier les volumes, les ports (dressé, retombant...) et les feuillages
  • choisir un thème de couleur
  • être attentif à l'arrosage: plus le contenant est petit, plus la terre sèche vite, et les terrasses ainsi que les balcons situés en hauteur subissent davantage l'effet desséchant du vent
  • et surtout, en bons naturalistes amateurs que nous sommes, choisir des fleurs, en privilégiant les indigènes, de formes variées et dont les floraisons étalées séduiront un maximum d'insectes

Au jardin

Il n'est pas trop tard mais il est temps de

  • planter un arbre
  • ratisser les dernières feuilles tombées et de les tasser au fond d'un sac de plastique noir percé de trous à la base, où elles se transformeront en compost léger
  • retailler la glycine à 2 ou 3 yeux (les rameaux qui l'avaient été en août)
  • tailler les rosiers remontants (pas ceux à floraison unique!)
  • pensons aussi à offrir des nichoirs aux oiseaux et à nettoyer les existants, à leur offrir de la nourriture et de l'eau propre

Quelques suggestions 

Plantes indigènesPlantes horticoles printanières particulièrement appréciées des polinisateurs
• ail des ours Alium ursinum (envahissant!)
• brunelle commune Prunella vulgaris
• bugle rampante Ajuga reptans
• campanule à feuilles rondes Campanula rotundifolia
• corydale jaune Corydalis lutea
• géranium herbe à Robert Geranium robertianum
• jacinthe des bois Hyacinthoides non scripta (envahissant!)
• lierre terrestre Glechoma hederacea
• lamier blanc Lamium album
• primevères Primula acaulis ou elatior
• arabette Arabis alpina
• aubriète Aubrieta
• bergénia Bergenia
• crocus
• giroflée Erysimum
• géraniums divers (PAS pélargonium!)
• monnaie du Pape Lunaria annua
• pulmonaires Pulmonaria

Plus encore

Un fascicule suggérant différentes plantes pour balconnières vient d'être publié par Inter-Environnement Bruxelles.

La plupart de ces plantes indigènes, et bien d'autres, peuvent être trouvées:

  • à la ferme "Nos Pilifs" (Trassersweg 347 à 1120 Neder-over-Hembeek) 
  • chez Ecoflora (Ninoofsesteenweg 671 à 1500 Hal), journées portes ouvertes ces 28 et 29 mars
  • à la Bourse aux Plantes de Natagora en novembre

Catherine Vanheuverswyn, Réseau Nature


La nature s'invite à la fête

Après avoir fouillé le grenier ou exploré le fond des armoires pour retrouver guirlandes lumineuses et boules scintillantes pour notre décoration de Noël, pourquoi ne pas imaginer cette année quelque chose d'un peu différent pour le Nouvel An, donnant une petite touche "nature" à notre table, nos cadeaux, en exploitant ce que nous offrent une balade en forêt ou notre jardin?

Lors d'une promenade, il suffit de regarder d'un œil neuf les graminées, les pommes de pin, les  feuilles colorées des platanes, des érables ou des chênes, les branches mortes jonchant le sol, les feuilles si élégantes des fougères*; en les imaginant en guirlandes, en bouquets, en couronnes,  avec un petit coup de bombe argentée, dorée ou "effet neige". Les découvertes sont infinies et cette chasse au trésor développera le sens de l'observation et la créativité de toute la famille.

Le jardin lui aussi offre bien des possibilités:

  • Cornus alba 'Sibirica' forme un buisson aux branches jeunes d'un rouge éclatant particulièrement mises en valeur par le soleil rasant d'hiver. A retailler énergiquement au début du printemps car les branches brunissent en vieillissant. A placer dans un vase haut et à contre jour, garnis d'une guirlande lumineuse pour le soir.
  • Cotoneaster x watereri 'John Waterer', aux branches souples et gracieuses, feuillage persistant et fruits rouges abondants.
  • Cotoneaster 'Exburiensis' porte des grappes de fruits jaune-abricot rosissant en hiver.
  • Ilex aquifolium 'J.C.van Tol' porte quantité de fruits rouges vifs, a un feuillage jeune pourpre et est sensiblement moins piquant que le houx habituel.
  • Photinia 'Red Robin', un buisson de taille moyenne au feuillage vert luisant et rouge vif quand il est jeune. Ses feuilles épaisses peuvent être utilisées pour marquer les cadeaux ou les places à table à l'aide d'un stylo doré.
  • Skimmia, buisson compact au feuillage persistant. 'Rubella' a une floraison rose pâle très parfumée au printemps.
  • Tous les lierres, si précieux pour les butineurs et les oiseaux. Hedera colchica 'Dentata Variegata' par exemple, a les feuilles vert clair bordées de jaune**.
  • Parmi les graminées, Miscanthus sinensis garde ses fleurs en panaches, particulièrement élégants sous le gel hivernal. C'est aussi une bonne fleur à couper et un soupçon de bombe "neige", dorée ou argentée soulignera sa légèreté et son aspect vaporeux dans les bouquets de Noël.
  • Et, bien entendu, tous les conifères qui, avec les autres feuillages persistants, symbolisent dans nos pays du Nord le triomphe du vivant, les jours qui allongent, le printemps qui approche (mais oui, mais oui !).

*Pour sécher les feuilles, et particulièrement celles de la fougère qu'il faut cueillir lorsqu'elles sont encore vertes et souples, les étaler entre deux feuilles de papier journal et les glisser sous un tapis épais jusqu'à ce qu'elles soient sèches.

**Le lierre fera des dessous d'assiettes festifs et spectaculaires: choisir des feuilles assez plates, les fixer individuellement (agrafes par ex.) en couronne sur un rond de carton de taille supérieure à celle des assiettes et passer le tout légèrement à la bombe dorée ou argentée suivant le thème de votre décoration.

Catherine Vanheuverswyn


Jardinage d'automne 2014

Si, comme nous, vous avez été déçus de voir si peu de papillons au jardin lors du week-end de comptage des 2 et 3 août, c'est le moment de prendre de bonnes résolutions pour les attirer, ainsi que les autres pollinisateurs (abeilles, bourdons, guêpes...) en préparant dès maintenant un jardin plus accueillant pour la belle saison 2015.

En effet, l'automne est une saison propice aux plantations: septembre-octobre pour les plantes herbacées et à partir de novembre pour les arbustes.

Gardez à l'esprit qu'avant de devenir des créatures aériennes et colorées, les papillons sont des chenilles. Contrairement aux individus adultes qui butinent un peu de tout, celles-ci sont très sélectives dans les feuillages qu'elles consomment. Les plantes «bien de chez nous», avec lesquelles les espèces de papillons ont évolué au cours des millénaires, leur sont indispensables. Sur ce point, l'ortie est un «must»!

A faire:

  • planter une gamme de fleurs variée afin d'allonger autant que possible la saison de floraison
  • ne pas choisir de plantes à fleurs doubles : souvent, elles ne contiennent plus que des pétales et ne produisent plus ni nectar, ni pollen
  • accueillir des plantes indigènes (pour les chenilles)
  • conserver des coins sauvages au jardin, moins entretenus, où les insectes pourront se réfugier pour passer la mauvaise saison (tas de branches, feuilles mortes, hautes herbes, tiges fanées laissées en place, feuillage persistant du lierre)
  • installer un hôtel à insectes, un nichoir à bourdon (dans le sol), un abri d'hiver pour papillons...
  • prévoir une coupelle qui servira d'abreuvoir
  • apporter vos bidons de pesticides à la déchetterie...

La fiche conseil "Un jardin pour les papillons", disponible sur le site Nature au Jardin, constitue une bonne source d'inspiration. N'oubliez pas que les butineurs apprécient les endroits ensoleillés et abrités du vent. Rendez-vous à la Bourse aux plantes sauvages le dimanche 23 novembre pour faire le plein de graines, plantules et arbustes indigènes!

Autres travaux de saison au jardin:

  • couper les fleurs des lavandes et les sécher pour en faire un pot pourri parfumé, puis rabattre les plantes en laissant de belles touffes de feuillage;
  • si ce n'est déjà fait (idéalement, en août), tailler la glycine: couper les longues tiges folles de l'année à environ 30 cm. Une taille plus courte aura lieu en février;
  • planter des bulbes pour le printemps, mais aussi pour l'automne prochain: pour les endroits ombragés, cyclamen coum et cyclamen à feuilles de lierre, et pour les zones ensoleillées, colchiques, Crocus sativus (le safran) et le charmant Crocus speciosus qui, en se multipliant spontanément dans la pelouse, lui donnera un air printanier inégalé l'année prochaine (veiller à ne pas tondre le feuillage qui, comme pour tous les bulbes, doit être conservé jusqu'à ce qu'il soit totalement fané, afin qu'il alimente le bulbe);
  • et comme toujours, offrir un bain propre aux oiseaux.

Julie Bingen et Catherine Vanheuverswyn


Après la semaine sans pesticides: vous aussi, sautez le pas!

On les trouve en vente libre dans les grandes surfaces, ils sont pourtant bien loin d’être inoffensifs: les pesticides issus de la chimie synthétique sont des "produits de pollution courante" toxiques pour l’environnement, les humains et les animaux. De plus, leur usage inconsidéré (trop fréquent, en trop grande quantité) provoque l’apparition de résistances chez les espèces que l’on entend précisément combattre.

Oui, mais… et les pucerons sur mes rosiers? Les invasions de limaces? Le mildiou au potager? Les larves dévoreuses de racines? Au secours!

Et si on envisageait les choses autrement?

Pour parvenir à modifier ses habitudes, il faut souvent commencer par changer de regard. Le jardin est certes un prolongement de votre habitation bien-aimée, mais contrairement à votre salon, vous n’êtes pas seul(e) à y faire la loi : les règles de la nature s’y appliquent aussi. De plus, que vous le vouliez ou non, il vous faut partager cet espace avec d’innombrables locataires, pour la plupart microscopiques.

Deux conclusions à tirer de cela:

  • Votre jardin ne sera jamais entièrement sous contrôle, impeccablement revêtu de feuillages luisants et d’un gazon vert uniforme: il comportera toujours des feuilles grignotées, des végétaux en fin de vie, des plantes arrivées sans visa… parce que, au contraire de votre canapé, il est vivant!
  • Vos locataires, précisément grâce à leur multiplicité, sont vos meilleurs alliés pour maintenir l’équilibre écologique de votre morceau de terrain. Les animaux auxiliaires, comme les appellent les jardiniers, sont en effet bien plus nombreux que les ravageurs, dont ils peuvent contrôler les pullulations.

Nous vous invitons donc à pratiquer le lâcher-prise au jardin, à abandonner vos réflexes de fée du logis pour mieux ouvrir les yeux sur ce qui se met en place sans votre intervention : les coccinelles qui s’installent sur vos rosiers 15 jours après l’arrivée des pucerons, le myosotis qui germe sur le sol dénudé entre vos tulipes, les mésanges qui arpentent vos arbustes à la recherche de chenilles… Tout un petit monde qu’il serait malvenu d’exterminer, d'empoisonner ou d’affamer au moyen de produits chimiques!

Construire sur de bonnes bases…

En réalité, vous pouvez agir efficacement contre les ravageurs dès la conception de votre jardin (selon l’adage "il vaut mieux prévenir que guérir"). Et n’oubliez jamais qu’une plante en bonne santé résistera toujours mieux à une attaque de ravageurs.

  • Plantez correctement pour donner un bon départ à vos plantes: de préférence en mars, avril ou septembre, en arrosant si nécessaire les premières semaines, et surtout en installant chaque plante à l’endroit qui lui convient (du point de vue de la nature et de l'humidité du sol, ainsi que de l'ensoleillement) – les marguerites ont besoin de soleil et les œillets n’aiment pas les sols humides!
  • Choisissez des espèces résistantes: vous connaissez probablement les géraniums vivaces, mais d’autres plantes sont réputées pour leur facilité de culture. Pensez aux espèces et variétés titulaires d’un Award of Garden Merit (AGM), privilégiez les rosiers « anciens » ou d'obtention locale et tournez-vous vers les plantes indigènes, habituées à survivre sans l’aide d’un bipède bien intentionné. Aidez un peu les espèces plus "fragiles" et à floraison abondante en leur donnant du compost chaque année.
  • Diversifiez: rien de tel pour un puceron qu'une rangée de rosiers – pas besoin d'aller loin pour la prochaine « station-service » ! Composez donc des plates-bandes et des haies mélangées, afin que les ravageurs se propagent moins vite. Intégrez dans vos plantations des espèces aromatiques, qui ont un effet répulsif. Au potager, ne plantez pas la même espèce sur une trop grande surface, mélangez les variétés, intégrez des fleurs (pour attirer les insectes prédateurs) et associez judicieusement les légumes pour qu’ils se protègent les uns les autres.
  • Ne laissez pas le sol à nu: d'une part, cela vous évitera la corvée du désherbage, d'autre part, cela limite l'apparition des maladies cryptogamiques (favorisées par la pluie qui rebondit sur le sol avant d'atteindre le feuillage). Utilisez des plantes couvre-sols (petite pervenche, lamier maculé, bugle rampante, lierre terrestre, lysimaque nummulaire, fraisier des bois, aspérule odorante, violettes, alchémilles...) et semez des annuelles ou bisannuelles pour "boucher les trous" (myosotis, pensée sauvage, bleuet, carotte sauvage, souci, bourrache, pavot somnifère, nigelle de Damas, vipérine, monnaie-du-pape...).
  • Attirez les prédateurs naturels: oiseaux, chrysopes, perce-oreilles, syrphes, coccinelles, carabes, hérissons et crapauds ne demandent qu’à s’installer chez vous! Ils seront attirés par des nichoirs et des abris pour l’hiver, mais surtout par des milieux diversifiés (haies, bosquets, arbustes à baies, hautes herbes, point d’eau…) et des aménagements naturels tels que des tas de branches et de pierres. Veillez à ce que les floraisons s'étalent sur une période aussi longue que possible et détournez-vous des fleurs "doubles", qui ne produisent souvent ni nectar, ni pollen, ni graines.

Par ailleurs, pensez à nettoyer et désinfecter régulièrement les outils tels que sécateurs, ébrancheurs, etc. afin de ne pas propager de maladies d’une plante à l’autre.

En cas d’offensive ennemie, diversifiez la contre-attaque!

  • Intervention manuelle: désherbage mécanique ou thermique, élimination des parties végétales attaquées (ne les mettez pas au compost, mais avec les déchets ménagers!)
  • Préparations insecticides "maison" à base de plantes
  • Granulés anti-limaces écologiques
  • Pièges à limaces…

Quelques liens bourrés d’infos pour vous aider à mettre en place votre "stratégie alternative":

Julie Bingen


Le nourrissage des oiseaux en hiver

Photo: M. Vandevelde

L'hiver est là, avec ses gelées nocturnes. Pour les oiseaux, c'est une une période difficile, durant laquelle leurs besoins énergétiques sont plus élevés (pour faire face au froid) alors que les sources de nourriture sont moins accessibles (sol gelé, insectes en léthargie dans leurs cachettes). Beaucoup d'entre nous ont le réflexe de vouloir leur donner un coup de pouce, mais s'interrogent sur les principes à respecter. Petit tour de la question...

1) Faut-il ou ne faut-il pas nourrir en hiver ?

Question légitime: en effet, l'hiver est un phénomène naturel, auquel les espèces d'oiseaux de nos régions sont adaptées. Si le froid nous semble cruel, il joue néanmoins un rôle dans la régulation des populations. Mais pour que les "règles du jeu" ne soient pas faussées, il faut que ce phénomène se produise dans un environnement naturel lui aussi, et c'est là que le bât blesse...

En effet, si vous lisez ces lignes, vous êtes probablement conscients que les espaces naturels ou semi-naturels sont devenus trop rares dans un pays surpeuplé comme le nôtre. On pourrait donc appliquer la règle suivante: plus le milieu est artificiel, plus les oiseaux auront besoin du nourrissage pour survivre. Et même si votre jardin est un havre de biodiversité, plus les alentours sont appauvris, plus votre aide sera appréciée.

2) Quand nourrir ?

Lors des longues périodes de gel, de neige ou de pluie. Le mieux est de nourrir les oiseaux tous les matins, pour qu'ils reprennent des forces après la nuit. Si cela n'est pas possible pour des raisons pratiques, maintenez cependant une certaine régularité, car les oiseaux deviendront dépendants de vous. N'interrompez pas non plus brutalement le nourrissage au printemps.

Photo: R. Bianchin

3) Que proposer ?

L'offre doit être guidée par la demande. Commencez donc par noter quelles espèces visitent votre jardin et renseignez-vous sur leur régime alimentaire. Pensez en particulier aux "défavorisés", c.-à-d. les espèces se nourrissant presque exclusivement d'insectes et qui sont donc plus vulnérables en hiver (p.ex. le troglodyte mignon): ils apprécieront particulièrement les produits de graisse, les vers de farine et les petits morceaux de viande cuite.

Quelques idées d'aliments permettant de ne pas se ruiner :

  • les flocons d'avoine (les mêmes que pour votre gruau du matin)
  • les noisettes et cacahuètes achetées en grandes quantités
  • les cakes de graisse faits maison (mélanger des graines avec du suif, du saindoux ou du beurre de cacahuètes) et ces graisses étalées sur les troncs d'arbres
  • le surplus de pommes du panier bio hebdomadaire (on en a souvent trop en hiver)
  • les mélanges de graines pour tourterelles (proposés en animalerie)

Certains aliments sont nocifs ! Ne donnez pas d'aliments salés (charcuterie, cacahuètes salées), ni d'aliments qui gonflent dans l'estomac (riz cru, pain sec, biscotte, noix de coco séchée). Pour écarter tout risque d'étouffement, n'achetez pas de mélanges de graines contenant des cacahuètes entières.

N'oubliez pas que les oiseaux ont besoin d'eau également (et sans antigel!): versez de l'eau bouillante dans l'abreuvoir tous les jours à la même heure, les oiseaux viendront la boire avant qu'elle ne gèle.

Photo: R. Bianchin

4) Dans quelles mangeoires ?

La diversité des mangeoires proposées dans le commerce est énorme, et toutes ne sont pas bien conçues: certaines ne peuvent même pas être nettoyées correctement, ni vidées entièrement par les oiseaux!

Gardez à l'esprit que toutes les espèces ne possèdent pas le "potentiel acrobatique" des mésanges: il leur faut des mangeoires munies d'un rebord stable où elles peuvent se percher. Les plus gros oiseaux ont même besoin d'une "piste d’atterrissage": ils visiteront les plateaux ou se nourriront au sol. Certaines espèces, comme l'accenteur mouchet ou la fauvette, sont farouches: proposez-leur de la nourriture dans les buissons.

Méfiez-vous des boules de graisse proposées en filet: les oiseaux peuvent s'y coincer les pattes, une corneille peut partir avec la boule entière et les filets vides s'envolent au gré du vent! Placez plutôt les boules dans une mangeoire grillagée.

Surveillez la propreté des mangeoires et nettoyez-les à l'eau savonneuse lorsque c'est nécessaire, et même régulièrement dans le cas des plateaux. Si vous nourrissez au sol, pensez à changer d'endroit de temps à autre.

Ayez bien à l'esprit les 2 grands ennemis du nourrissage:

  • La pluie, qui fait pourrir les aliments. Privilégiez les mangeoires à trémie, les silos en plexiglas, les plateaux recouverts d'un toit. Vérifiez que l'eau ne puisse pas stagner au fond de la mangeoire (trous de drainage, découpes dans le rebord, fond en grillage). Méfiez-vous des silos grillagés trop longs: les cacahuètes et autres noix seront souvent gâtées avant que le silo soit vide! Si vous éparpillez de la nourriture au sol, mettez-en de petites quantités à chaque fois: tout doit être mangé le jour-même.
  • Les chats: suspendez les mangeoires hors de leur portée, soit à plus d'1,50 m du sol. Vérifiez qu'ils ne peuvent pas s'approcher sans être vus par les oiseaux. Si vous avez vous-mêmes des chats (comme l'auteure de cet article...) et qu'ils portent un collier, fixez-y un grelot.

5) Et pourquoi pas un peu de nourriture "spontanée"?

Aménagez votre jardin différemment, pour qu'il offre un maximum de ressources naturelles aux oiseaux (fleurs pour attirer les insectes, graines, baies). Éloignez-vous autant que possible du "trio perdant" gazon ras + haie de thuyas + plate-bande de bégonias: diversifiez les espèces et les milieux, découvrez la beauté des végétaux indigènes, laissez-vous surprendre par la floraison d'une "mauvaise herbe" qui s'est invitée chez vous... Épluchez le site www.natureaujardin.be, cherchez l'inspiration dans des jardins "nature admise", et vous finirez peut-être même par adhérer au Réseau Nature...

Julie Bingen

Pour en savoir plus: 

Une fiche-conseil sur le nourrissage est disponible sur www.natureaujardin.be

Labellisation de votre jardin: www.reseau-nature.be 

 

 


Les feuilles mortes se ramassent à la pelle...

Pourquoi les feuilles se colorent-elles avant de tomber en automne? Alors que certains automnes sont flamboyants en jaune, rouge, orange, d'autres seront plus ternes. Comment cela fonctionne-t-il?

En fait, pendant toute la période de croissance, la chlorophylle abondante donne leur belle couleur verte aux feuilles et masque une partie des autres pigments présents dans la plante.

En absorbant les rayons du soleil, elle effectue la photosynthèse, fournissant sous forme de sucre l'énergie nécessaire à la plante. Pendant toute la période de croissance, elle se renouvelle et la feuille reste verte. Mais à la fin de l'été, une forme de "bouchon" se forme à la base du pétiole, là où la feuille va se détacher de la branche, la chlorophylle devient de moins en moins abondante et les autres pigments, cachés jusqu'à présent, apparaissent:

  • les caroténoïdes, essentiellement des pigments jaune et oranges, comme dans les carottes,

  • les anthocyanes donnent la couleur pourpre, le rouge. Ils sont un sous-produit de la photosynthèse. Chez certaines plantes, comme chez le hêtre pourpre, les anthocyanes dominent toute l'année en leur donnant leur teinte caractéristique à travers les saisons.

Les différentes concentrations de ces pigments produisent des teintes différentes mais d'autres facteurs interviennent:

  • la variabilité génétique: les hêtres pourpres de la drève de Lorraine en sont un bel exemple. Au printemps et en automne particulièrement, le dégradé de pourpre est infini.

  • Les facteurs environnementaux:

    • la lumière influencera surtout les rouges dus aux anthocyanes: penser aux pommes dont la face exposée au soleil est beaucoup plus rouge

    • la température: le froid (mais pas le gel) augmente les anthocyanes en les concentrant dans la feuille. C'est l'une des raisons du feu d'artifice des couleurs automnales au Nord-Est des USA. Jours secs, lumineux, ensoleillés et nuits fraîches que notre climat frais, humide, aux journées d'automne souvent couvertes, ne pourra jamais égaler...

Catherine Vanheuverswyn


Jardinage d'automne

Après un été ensoleillé et une belle semaine de rentrée des classes, l'automne semble être arrivé en Belgique. À ceux qui craignent la déprime saisonnière: l'exercice physique étant un bon moyen de la combattre, nous vous proposons  quelques activités de jardinage !

Au programme:

  • Fauche: Septembre est un mois tout indiqué pour faucher vos herbes hautes. N'oubliez pas d'en laisser une partie en place (vous la faucherez l'année prochaine) pour qu'elle serve d'abri à la microfaune. C'est indispensable si votre jardin abrite déjà des orthoptères (sauterelles, criquets...).
  • Entretien de la mare: Il faut éviter l'accumulation de matière végétale morte dans l'eau: tendez un filet au-dessus de votre mare pour recueillir les feuilles des arbres, ôtez les parties mortes de vos plantes aquatiques et fauchez une partie de la végétation des berges. Curez éventuellement la mare si elle contient trop de vase: une partie seulement, pour ne pas "ratiboiser" tout ce qui y vit. Vous n'avez pas de mare? Créez-en une! 
  • Aménagement d'un abri à hérisson: Ce sympathique insectivore a besoin d'un coin au sec et au calme pour hiberner. Aménagez donc une niche sous un tas de branches et de feuilles, si possible isolée de la pluie par une bâche plastique que vous camouflerez ensuite. Si vous croisez des hérissons affaiblis à la fin de l'automne, aidez-les à faire le plein d'énergie en leur donnant de la pâtée pour chat (pas de lait!). 
  • Ramassage de feuilles mortes: Rassemblez celles tombées sur votre gazon et votre terrasse pour:
    1) les utiliser comme paillage dans vos plates-bandes,
    2) constituer une réserve de "matière brune" pour votre compost,
    3) les transformer en terreau de feuilles,
    4) garnir des abris à insectes ou hérissons. Les brûler serait un vrai gaspillage!
  • Installation de vivaces: Avec ses températures modérées et une pluviosité souvent mieux répartie qu'en été, l'automne est un "deuxième printemps" favorable à l'enracinement des plantes. C'est également le bon moment pour planter les bulbes de fleurs.
  • Semis: Dans la nature, les graines ne passent pas l'hiver au coin du feu, mais exposées au froid. Ceci garantit un taux de germination plus élevé. Réalisez donc vos semis maintenant, en place ou en pots (pour les graines plus rares, dont vous voulez surveiller la germination, etc.).
  • Plantation d'arbres et arbustes: "À la Sainte-Catherine, tout bois prend racine", selon le dicton. Cette date (25 novembre) marque en effet le début de la période favorable à la plantation des arbres et arbustes à racines nues. Ne procédez toutefois pas lorsqu'il gèle et évitez les périodes de grosse pluie ou de grand vent.

Notez déjà la date de la Bourse aux plantes sauvages organisée chaque année par Natagora à Mundo-B (Ixelles): le dimanche 24 novembre. Vous pourrez vous y procurer le « matériau de base » pour vos créations (graines, plantules, jeunes arbres et arbustes, plantes grimpantes, buissons fruitiers).

Pour les jours de pluie:

  • Entretien des nichoirs à oiseaux: Une fois les dernières couvées envolées, l'heure sera venue de décrocher les nichoirs pour les vider entièrement des matériaux du nid et les nettoyer au savon et à la brosse. Ceci permet d'éliminer les puces et autres parasites. Vous réinstallerez ensuite les nichoirs au jardin: ils pourront servir d'abri aux oiseaux en hiver.
  • Création de refuges pour insectes: Boîtes garnies de paille, de foin ou de brindilles et installées dans un coin abrité seront utiles aux papillons, coccinelles, chrysopes... Elles viendront s'ajouter "en bonus" aux coins et recoins sauvages de votre jardin.
  • Adhésion au Réseau Nature: Un bon café/thé/chocolat chaud à la main, parcourez le site web dédié à ce projet de Natagora (www.reseaunature.be), laissez-vous convaincre, complétez et signez la charte, demandez éventuellement une expertise de votre jardin... et rejoignez les centaines d'hectares de terrains déjà labellisés en Belgique francophone.

Lorsque vous verrez la végétation passer en mode "hiver", offrez à votre jardin une dernière mise en beauté: taillez les haies basses, tondez la pelouse, dégagez les passages, rangez outils et jouets qui traînent... Ceci permet de redessiner les structures du jardin afin qu'il garde son charme même lorsque la majorité des fleurs et feuillages auront disparu.

Par contre, ne touchez pas aux massifs: l'élimination des parties végétales fanées se fait au printemps, afin qu'elles puissent servir d'abri aux insectes et de garde-manger aux oiseaux pendant la mauvaise saison. D'ailleurs, rien de plus joli que la silhouette des cardères sous la neige, surtout si l'on a la chance d'avoir des chardonnerets dans les parages, qui viendront en retirer les graines.

Et une fois le gel arrivé, sortez les mangeoires pour nos amis à plumes!

Un bel automne à tous!

Julie Bingen

 

Documentation utile: les fiches-conseils de Natagora sur www.natureaujardin.be


Quand il fait trop humide ou trop sec...

Cette année, c'est plutôt la sécheresse qui assoiffe nos jardins: quand, comment et combien arroser pour gérer au mieux l'eau, cette ressource précieuse?

Rappelons d'abord qu'une plante bien choisie, plantée à la bonne saison et correctement, sur un sol bêché en profondeur, avec une bonne dose de compost et paillis, souffrira moins (que ce soit de la sécheresse ou de l'excès d'humidité d'ailleurs) en pouvant développer ses racines dans un plus grand volume de terre. Le compost à lui seul assurera une humidité supplémentaire équivalente à 5 cm de pluie, soit environ 20 jours d'humidité suffisante à la plupart des plantes de nos jardins !

Quand arroser ?

  • Idéalement, avant que la sécheresse ne s'installe en guettant la météo ! En gardant une humidité constante, le sol absorbera beaucoup plus facilement la rosée matinale et l'arrosage éventuel.
  • Le soir, la fraîcheur de la nuit limitant l'évaporation.

Comment ?

  • L'arrosage doit se faire en une fois, directement au pied de la plante sous le feuillage.
  • En quantité suffisante pour mouiller les 30cm supérieurs du sol, là où se trouvent (ou devraient se trouver!) les racines.
  • Trop peu d'eau mouille seulement la surface et n'atteint pas les racines.

Combien ?

  • La quantité sera fonction de la demande de la plante (observer la modification de la position et de la couleur du feuillage), les plantes fraîchement installées étant une priorité.
  • Un bon arrosage abondant sera de l'ordre de 25 lit au m2/semaine en évitant absolument l'arrosage léger et superficiel des feuillages qui, en attirant les racines en surface, les rend plus vulnérables à la sécheresse et est un total gaspillage d'eau.

Si l'opération « arrosoir-tuyau » à la nuit tombante semble parfois ennuyeuse, réjouissons nous cependant: c'est que la belle journée qui s'achève a été chaude et ensoleillée. Et la terre sent bon l'humidité....

Catherine Vanheuverswyn

 

 


Les roses au jardin: "nature admise" aussi !

Comte de Chambord (rosier Portland - Source Wikipedia Commons)

Beaucoup d'entre nous les apprécient, mais qui dit roses dit souvent pucerons, maladies cryptogamiques (marsonia, rouille, oïdium), tailles fastidieuses, engrais, arrosages... Bref, pas très écologique, pas très économique, et beaucoup de travail. Faut-il pour autant s'en priver ? Nous répondons résolument: non !

Un rosier n'est pas l'autre : il en existe des milliers de variétés, issues de l'hybridation de dizaines d'espèces du genre Rosa. Non, un rosier n'est pas forcément cette petite plante faite de 3 branchettes épineuses surmontées de grosses fleurs rouges tout l'été et demandant à être soigneusement taillée chaque année... En raison de leur ascendance diverse, les rosiers ont des apparences et des besoins variés, et on en trouve pour toutes les situations du jardin. L'étape du choix est primordiale, et permet de s'épargner bien des difficultés par la suite.

Pour des rosiers "faciles", nous vous conseillons de porter votre choix vers des rosiers botaniques ou des rosiers dits "anciens" (en particulier les groupes Alba, Galliques, Damas, Centfeuilles, Mousseux et Portland). Ce sont de véritables buissons ou arbustes (ils ne seront donc pas vidés de leur sève à la première attaque de pucerons) et il n'est pas nécessaire de les tailler pour s'assurer d'une belle floraison. Grand atout de beaucoup d'entre eux: les fleurs sont parfumées ! Les propriétaires de petits jardins choisiront de préférence des rosiers du groupe Portland, de moindre ampleur et à floraison remontante.

Autre possibilité: choisir des rosiers créés en Belgique, et donc parfaitement adaptés à notre climat imprévisible. Par chance, un grand obtenteur de rosiers magnifiques a œuvré dans notre plat pays: Louis Lens, aujourd'hui décédé, mais dont la pépinière a été reprise par des passionnés. Pour couvrir une arche (pas trop petite !), je vous conseille sa création "Guirlande d'Amour": floraison surabondante, parfumée et remontante de petites fleurs blanches semi-doubles attirant les bourdons, quelques petits fruits rouges en hiver... Tout un programme !

Pour compléter le tableau, voici quelques plantes qui accompagnent traditionnellement les rosiers: les aromatiques (effet répulsif sur les ravageurs) et les géraniums vivaces (peu exigeants). Les plantes à la silhouette élancée sont également du plus bel effet: digitales, molènes, aconits, roses trémières, grandes campanules, cardères, pigamons, Apiacées de grande taille (fenouil, angéliques)... Pour garnir un rosier à floraison unique, vous pouvez planter à son pied une clématite du groupe Viticella, qui fleurira en été.

Comme pour n'importe quelle plante, un emplacement convenant à la variété de rosier est fondamental pour avoir un végétal en pleine forme et résistant. Du compost une ou deux fois par an, quelques arrosages les premières années, un peu de taille s'il devient trop grand... Et pour limiter les attaques de ravageurs, misez comme toujours sur la diversité: plantes indigènes à gogo pour attirer les insectes auxiliaires, et rosiers de groupes variés.

Un excellent article de Pierre Lauwers (un spécialiste) sur la culture des roses en Belgique: http://www.botarosa.org/botarosa/roses/jardros.htm  Imprimez-le, puis jetez tous vos livres sur le sujet ! :-)

Des adresses où vous fournir:

En vous souhaitant beaucoup de plaisir au milieu des pétales de rose...

Julie Bingen


Que faire au jardin pour bien préparer le printemps

Arbres et arbustes, en plus de la structure, apporteront les différents étages de végétation et le printemps particulièrement froid permet de prolonger la saison de plantation.

Les fleurs offriront le pollen et le nectar vitaux pour les bourdons (déjà bien présents), les papillons, les abeilles solitaires. Mais le nectar n'est pas suffisant au papillon, il lui faut aussi la plante hôte indigène spécifique pour y pondre et assurer la descendance. Dans ce domaine, l'ortie, est le "must" d'un jardin naturel !

La Semaine sans Pesticides de fin mars vous a incité à mieux soigner la santé de votre jardin ?

Commencez par bien  l’observer:  qualité du sol, ensoleillement, humidité. Cette connaissance vous permettra de planter la bonne plante au bon endroit, gage de sa bonne santé et de sa résistance aux attaques des maladies ou des insectes nuisibles.

Afin d'avoir un maximum d'insectes assurant un bon équilibre, étendez  au maximum les périodes de floraison ainsi que  la structure des fleurs :  marguerite,  carotte,  digitale, lamier par exemple.

A faire au jardin: 

  • tailler les arbres fruitiers
  • planter en faisant un trou suffisamment grand, arroser abondamment
  • protéger la terre par du compost, un paillage
  • semer
  • nettoyer le bain des oiseaux et penser à le remplir
  • nettoyer les nichoirs
  • installer des refuges à insectes
  • ...

 Catherine Vanheuverswyn

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