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Agriculture urbaine: l'idée a germé!

Dans le précédent numéro de notre feuille de chou, nous avons traité du sujet passionnant qu'est l'agriculture urbaine. Le principe, rappelons-le, est de réduire nos circuits de consommation, nos déchets, nos dépenses énergétiques et le gaspillage alimentaire grâce à un réseau agricole urbain de type professionnel, communautaire ou privé. Il s'agit aussi de mieux contrôler notre alimentation et de vivre plus sainement en ville. Le concept est vaste et les exemples inépuisables, nous avons donc décidé d'y dédier un second article. 

Certains peuvent penser que la pollution engendrée par nos modes de vie citadins sont en totale inadéquation avec une agriculture biologique. Cependant, en prenant quelques précautions, il est possible de ramener un peu de nature et de biodiversité dans nos villes. 

Dans cet article, nous vous donnerons quelques trucs et astuces afin de pratiquer l'agriculture urbaine le plus sainement possible et  vous mettrons en garde sur les dangers à éviter. Avec le printemps à nos portes, il est temps de préparer le terrain intelligemment!  

On mange ce qu'elles mangent! 

On imagine qu'une agriculture bio consiste à ne pas utiliser d'engrais et de pesticides chimiques sur les plantes. Cependant, cela ne garantit pas que ces produits soient à 100% sains.

Le sol dans lequel pousseront vos cultures est très important. La plante y puisera ses nutriments et s'il est contaminé, le fruit de vos labeurs le sera aussi. Si vous n'êtes pas dans la capacité de faire tester le sol de votre jardin par exemple, pour y déceler d'éventuelles traces de pollution, vous devriez peut être choisir la culture en pot. En plus du côté esthétique, vous controlez la nourriture que vous offrez à vos plantes et à vous-mêmes. Si vous pratiquez cette culture sur votre balcon, la question ne se pose même pas! 

L'eau, bien sûr, est le deuxième élément fondamental dans la nutrition de vos plantes.

Il est important de leur offrir une eau propre, sans pollution pour assurer une culture la plus biologique possible. Faites bien attention aux systèmes de récupération d'eau de pluie. Ceux-ci semblent être une manière bien écolo de procéder, mais pas sans danger sans un système de filtrage très élaboré. Aussi, pour éviter l'arrosage intempestif, il existe des méthodes telles que le paillage, l'aération des sols ou l'association avec d'autres plantes qui vous permettront de limiter la quantité d'eau que vous devez donner à vos cultures. 

Bannissez les pesticides chimiques bien entendu! Il existe tant de trucs et astuces naturels pour éviter d'avoir recours à ces pratiques! Le web regorge de remède de grands-mères pour vous débarrasser des indésirables! L'assiette d'eau et de levure pour éliminer des limaces goulues ou l'infusion d'orties pour les pucerons suceurs de sève, par exemple, sont des méthodes efficaces et propres. Pensez aussi que certains insectes et plantes sont en fait utiles à l'équilibre biologique de votre jardins. N'essayez pas d'éliminer systématiquement la vie qui s'insinue à votre insu dans votre carré vert. Le principe de ramener de la biodiversité dans nos villes comprend aussi les petits animaux qui balancent nos écosystème et régénèrent la terre. 

Pour les engrais, c'est pareil: on oublie le chimique! Un petit composte au fond du jardin quand c'est possible ou alors du naturel! Les engrais organiques ou minéraux sont élaborés à base de matières premières végétales, minérales ou animales et sans danger pour votre santé. 

Un autre conseil est de commencer petit. Établissez de bonnes pratiques de culture biologique sur une surface réduite et bâtissez peu à peu votre empire vert. N'oubliez pas de bien nettoyer vos fruits et légumes avant de les consommer comme vous le feriez avec tout autre. Choisissez des plantes locales et de saison afin de respecter la biodiversité de votre environnement proche et puis surtout pour éviter les déceptions lors de la récolte. Ces plantes seront plus facile à entretenir car habituées au terroirs de votre région.  

Et si vous êtes vraiment intéressé par le sujet, des cours d'agriculture urbaine sont disponibles à Bruxelles. La ferme du Pilif par exemple propose un enseignement sur les bonnes pratiques d'un jardinage bio et internet regorge d'info pratiques pour vous aidez dans votre démarche verte. 

Rien d'impossible ? 

Il est malheureusement impossible parfois de pratiquer ce beau concept chez vous. Votre espace extérieur, quand vous en avez un, est trop exposé aux pots d'échappement de la circulation qui court en bas de chez vous. Ou alors, trop pris par les tumultes de votre vie citadine, vous avez trop peu de temps à consacrer à vous-même,  alors encore moins à une plantation! Ceci n'implique pas néanmoins que vous n'avez pas une réelle volonté de prendre plus soin de votre petite personne  et de votre environnement! Il y a des gestes tout simples qui vous permettront de participer à cet effort. Par exemple, ne boudez plus le marché du dimanche matin. Des producteurs locaux vous proposeront des produits bio, frais et de saisons que vous pourrez cuisiner facilement tout au long de la semaine. En cuisinant plus, vous échapperez aux produits transformés industriellement et participez à la réduction de leur impact sur l'environnement.  

Au boulot, prévoyez vos tartines du midi, ou lorsque vous préparez votre souper, pensez à  une portion en plus pour votre repas du lendemain. Imaginez tout l'argent que vous économiserez, vous mangerez un repas équilibré tous les midis, sans parler de tous les emballages jettables évités grâce à votre conteneur réutilisable à volonté! 

Quand à ces petites herbes que l'on aime tellement pour aromatiser nos plats, achetées  fraîches sous emballage au supermarché, elles n'ont qu'une durée de vie très limitée et finissent bien souvent gaspillées. Un mini jardin aromatique est décoratif et très facile à entretenir. À l'abris de la pollution, derrière votre fenêtre, il ne demande qu'un peu d'eau filtrée et d'attention de temps à autre. 

Les produits d'alimentation courante au label bio fleurissent sur les étales des supermarchés à des prix bien plus abordables que dans le passé. Jetez un œil sur les étiquettes, vous serez fortement tenté de passer à l'option bio. Lisez bien les informations sur les emballages pour ne pas être dupés!

Et si vous voulez tout de même reverdir un peu votre extérieur, mais que vous êtes dubitatif quant à cultiver vos propres légumes, vous pouvez toujours opter pour des plantes et fleurs locales qui ramèneront un peu de biodiversité à vos portes. 

Enfin, vos enfants sont la clé de notre futur, leurs faire découvrir la nature et les informer sur la fragilité de leur environnement est une part importante de leur éducation. De plus, ils sont tellement curieux de la vie qui les entoure. Les voir s'émerveiller devant un papillon ou une plante qui s'épanouit de jour en jour dans votre jardin sera la récompense de tous vos efforts. Ne cédez pas non plus à la facilité en les nourrissant de produits usinés. Habituez vos bambins à une alimentation saine dès le plus jeune âge, ce qui leurs assurera une bonne croissance et de bons reflexes à l'âge adulte.  

Certes tout ceci implique quelques concessions de notre part, et un bouleversement de nos mauvaises habitudes, mais ce n'est plus d'une évolution dont nous avons besoin mais bien d'une révolution! Les citoyens en sont  les acteurs principaux. Alors c'est à nous de jouer! 


Que penser du recensement des chevreuils en forêt de Soignes?

Comme vous le savez certainement, Natagora Bruxelles participe au recensement des chevreuils organisé conjointement par les 3 Régions gérant la Forêt de Soignes.

Que fait-on exactement pendant ce recensement?

En effet, tout le monde s’en rend bien compte, il est impossible dans une aussi grande zone (+/-4000 ha) de compter tous les chevreuils un à un. C’est pourquoi le recensement n’a pas pour but de compter les chevreuils présents mais bien de déterminer chaque année l’IKA ou Indice Kilométrique d’Abondance, autrement dit le nombre moyen de chevreuils observé par km parcouru et ainsi de se rendre compte de l’évolution de leur population. Cette manière de procéder, répétée d’année en année dans les mêmes conditions, rend possible la comparaison des résultats et ainsi permet d’évaluer la santé de l’espèce étudiée. Au fil des ans, l’IKA nous indiquera si le nombre de chevreuils augmente ou diminue dans cette forêt.

Comment s’y prend- t’on de façon précise?

En premier lieu, la forêt a été préalablement divisée en 23 circuits  de +/-5km de long; 10 de ces circuits étant situés dans la région bruxelloise. Ces circuits, dessinés sur une carte IGN, sont parcourus 4 fois par les gardes de Bruxelles-Environnement et 1 fois par les volontaires de Natagora. Le recensement se déroule au mois de mars lorsque les arbres n’ont pas encore revêtu tout leur feuillage et à une époque où les grands frimats de l’hiver sont terminés. Chaque volontaire débute son circuit au lever du soleil (+/-06h30) et le termine environ 1h30 plus tard. Il note avec précision sur sa carte IGN le nombre de chevreuils observé, l’endroit exact de l’observation et il y indique la direction suivie par les animaux. Cette dernière précision permet d’éviter les doubles comptages dans les différents circuits.

Quels sont les résultats obtenus en 2014?

En 2014, le nombre maximum de chevreuils observés sur l’ensemble des parcours s’est élevé à 108 et le nombre minimum à 69. L’IKA, qui était stable les années précédentes avec une moyenne de +/-1,0 (1 chevreuil observé par km parcouru) est tombé à +/-0,75; ce qui constitue une baisse significative. Il est cependant encore trop tôt pour parler d’une  diminution des chevreuils dans la forêt de Soignes. En effet, d’une part seuls certains parcours ont été affectés et d’autre part, la régénération forestière s’étant fortement développée a réduit d’autant la possibilité de détecter les animaux.

Ces résultats seront donc à confirmer ou infirmer en 2015.

Le recensement effectué par Natagora Bruxelles aura lieu le 28 mars 2015. Avis aux amateurs!

Christian Bock, GT mammifères Natagora Bruxelles  


De la montagne, l'écho d'un fondeur...

Le tourisme de masse a engendré des monstruosités architecturales et a occasionné des reculs du monde sauvage. Que reste-t-il par exemple de notre littoral, à part ses extrémités est et ouest? Et pourtant, il existe encore des lieux où tourisme rime avec beauté, calme, nature à découvrir au gré des sentiers. J’ai eu cet hiver la preuve que les 2 conceptions peuvent coexister l’une à côté de l’autre, sans se rencontrer vraiment. Deux mondes qui se croisent en s’ignorant!

Tourisme et environnement: une cohabitation délicate

Mon lieu de résidence hivernal vit à la fois du ski alpin et du ski de fond. D’un côté, des parkings bondés au pied du domaine alpin, des navettes comparables au métro aux heures de pointe, des immeubles sans charme et hors contexte montagnard, des skieurs anonymes pressés de faire la file aux remontées mécaniques onéreuses.

De l’autre, le domaine de ski nordique, au cœur d’une campagne et de forêts tranquilles, agrémentées de gîtes, de chambres d’hôtes, de petites auberges conviviales. Ici, les aménagements sont discrets, les gens se disent bonjour et conversent, la nature est triomphante, omniprésente. Le ski de fond autorise le contact authentique avec l’environnement: il est plus facile de s’arrêter pour contempler sur une piste de fond que dans une descente alpine, et le calme y invite sans aucun doute. Ici, la trace d’un passage dans la haute neige: Lièvre? Putois? Renard? Cervidé? Là, au pied d’un arbre, la preuve de l’activité d’un écureuil, ou peut-être d’un bec croisé. Au détour du chemin, apparaît parfois un panorama soudain, l’occasion de situer les différents massifs alpins proches ou même parfois lointains. Synclinaux et anticlinaux méritent aussi l’observation du naturaliste, la géologie étant partie intégrante de la nature. Sans oublier les manifestations magiques de l’hiver: stalactites, cascades gelées, givre, structure époustouflante des petits flocons de neige.

Quel plaisir et quel luxe de pouvoir faire halte dans une petite auberge perdue au milieu de la forêt, avec un décor digne d’un conte pour enfant, d’y être accueilli bien mieux que dans une cafeteria bondée du domaine alpin, d’y déguster la cuisine du terroir en toute simplicité sans crainte de se faire dérober son matériel de glisse. Mais que se passerait-il si l’on convainquait tous les skieurs alpins de se mettre au ski de fond? Pure hypothèse bien sûr, mais il est évident que le ski de fond, de randonnée, perdrait aussi tout son charme. Ceux qui ont connu la mode du ski de fond dans nos Fagnes il y a 20 ou 30 ans, savent très bien que ce sport peut également mener à des excès si la demande est trop grande par rapport au domaine skiable. Surtout qu’à l’époque, beaucoup n’hésitaient pas à quitter pistes et chemins au risque de faire fuir et d’épuiser les rares coqs de bruyère. Le naturaliste devrait alors se tourner vers une autre activité alliant sport et observation des merveilles qui nous entourent. Tant que la société sera ce qu’elle est aujourd’hui, la pression démographique, le marketing, les modes seront de toute façon toujours là avec leur cortège d’aménagements lourds, de rassemblements de milliers d’anonymes en quête de sensations fortes. L’enjeu réaliste sera donc de limiter les impacts négatifs pour l’environnement et la nature, de faire respecter les sanctuaires naturels, d’éduquer au respect de la nature afin de pouvoir développer un tourisme aussi "durable" qu’il se peut. Est-ce une gageure? A vous de voir, mais aussi à vous d’agir via une vigilance accrue et une implication volontaire.

André Houbart, Réseau Nature


Candide et Luxleaks

Candide s’informe. Il regarde, écoute et se commente à lui tout seul les infos qui lui parviennent par la boîte à images. Il lit la presse et parcourt les périodiques mis à sa disposition dans les salles d’attente. Il ne comprend pas tout, mais il persévère… Un matin, assis confortablement dans un fauteuil d’un autre âge mais qui a eu le plaisir d’accueillir plusieurs générations de postérieurs, son regard est attiré par un titre faisant la "une" de son quotidien: "LUXLEAKS"? Qu’es a quo?

A la première lecture, son imagination s’envole. Sirotant sa jatte de café, il imagine un gros phare ("LUX") attirant des containers d’euro vers des paysages sentant bon le sapin.

Pendant la deuxième lecture de l’article, il se consacre aussi à sa deuxième tartine -il faut dire que les tartines à la confiture de groseilles donnent une impulsion nouvelle aux neurones de Candide, déjà amorcée par la jatte de café. Epluchant donc l’article, son imagination se transforme en une réflexion ou plutôt en question: "pourquoi tous ces sous y partent dehors au lieu de rester dedans".

Ca gamberge dans le cerveau de Candide, il se demande pourquoi une petite partie de ces sous, légalement expatrié, ne pourrait pas servir à la conservation et à la préservation de la nature. Suivez son raisonnement:

Dans chaque grosse "chochiété" se niche des nids de fiscalistes d’élite que malheureusement l’Etat ne pourra jamais s’allouer, et si de nouvelles lois essayant d’amoindrir cette migration de sous devaient voir le jour, il y aura toujours des tendeurs-fiscalistes pour déployer leurs filets d'où certaines mailles entre-ouvertes permettront l’évasion des sous, et ce, toujours sous le ciel de la légalité.

Pourquoi dès lors ne pas imaginer qu’un pourcentage des bénéfices plantureux de ces "chochiétés" ne pourrait-il pas, avec la bénédiction de monsieur le contrôleur des contributions (quel beau mot que "contribution"), être obligatoirement investi dans des projets de préservation de la nature, une espèce de don, une sorte de legs ou encore aider au fonctionnement d’ASBL reconnues pour leurs implications dans ce domaine?

Candide se satisfait de sa réflexion, mais dans la tête de Candide, un mot lui revient comme une balle de tennis dans une lessiveuse en pleine opération d’essorage: "éthique, éthique, éthique…".

? Ethique ? Ah "mais bon dieu mais c’est bien sûr". Les dirigeants de ces grosses "chochiétés" sont sensibilisés aux problèmes que connait la nature, l’éthique est un mot qui entre souvent dans leurs conseils d’administration.

Sur ce, Candide se lève péniblement d’un fauteuil aussi confortable, pensif quand même, mais la corvée vaisselle de sa jatte de café n’attend pas…

Michel Vandevelde


Le pouvoir de l'ultraviolet

Photo. Fabian Beck

Promenez-vous dans les bois ou les prairies. Observez bien. Retournez les feuilles. Passez les plantes au filet. Battez les branches… Vous trouverez une multitude d’insectes. Mais repassez le soir et allumez une lumière ultraviolette et vous serez étonné par le spectacle. Presque rien de ce que vous aurez vu le jour ne viendra se poser aux abords. Mais pourtant, une foule de bestioles vous rendront visite. Où étaient-elles cachées ? C’est la magie de cette méthode. Elle vous permet de percevoir une petite partie immergée de l’iceberg.

Les invités seront surtout des papillons nocturnes, mais aussi quelques autres insectes. Voici en deux heures et demi de séance UV, un échantillon de ce qu’on peut trouver aux abords d’une peupleraie comportant une riche flore accompagnatrice dans le Beverbos, réserve naturelle située à Wemmel, juste à un jet de pierre de Bruxelles.

Drepana Curvatula - Photo: Fabian Deck

Je voudrais, d’une part, encourager à développer ce type de recensement sur les sites d’intérêt. Il est probable que les espèces recensées par cette méthode n’aient pas toutes été déterminées sur les sites connus ou n’y aient plus été observées depuis longtemps par les personnes avisées, ce petit article pourra alors rencontrer une motivation suffisante pour que soient peut-être multipliés des inventaires entomologiques plus complets des lieux à haut potentiel, soulignant sans doute encore leur importance.

D’autre part, je voudrais ici emmener le lecteur dans une courte balade dans le concept de la biodiversité en montrant la variation de formes et d’espèces. L’occasion, qui plus est, de promouvoir le Beverbos sera prise, ainsi que celle de lancer un petit débat sur la gestion de la biodiversité dans les zones classées.

Que recèle la peupleraie du Beverbos?

Voici un échantillon de la diversité des espèces au 20 juillet 2014, entre 0h00 et 2h30. Les animaux représentés ci-dessous sont pour la majorité rapetissés. 

Cliquer sur l'image pour voir un agrandissement - Photos: Fabian Deck

Relation des espèces avec les essences végétales présentes

Proportions des insectes selon leur dépendance avec les groupes végétaux effectivement présents dans un rayon de 3 mètres autour du point d’attraction: ce graphique concerne 18 espèces de papillons nocturnes consommateurs de plantes vivantes et identifiés avec un degré de certitude suffisant.

  • 20,6% des insectes identifiés consomment le saule,
  • 58,8% des insectes identifiés dépendent des quatre genres principaux d’arbres présents: saules, peupliers, aulnes et bouleaux.

La conservation de ces essences est donc primordiale pour le maintien de près de 60 % des papillons nocturnes identifiés (à cette époque de l’année et avec cette méthode).

Ainsi, dix espèces sur 18 consomment une de ces quatre essences principales. Sur ces dix espèces, sept dépendent totalement de ces quatre essences principales puisque ces espèces de papillons ne consomment (à l’état de chenille) qu’un ou plusieurs de ces quatre genres (saule, peuplier, aulne, bouleau) et rien d’autre.

Ce morceau de bois vermoulu est une pyrale du bourdon, celle-ci ne dépend pas directement des plantes, c’est un cleptoparasite de bourdons.
Le chameau, appelé ainsi en raison de la forme surprenante de sa chenille, se nourrit de saule, peuplier, aulne ou bouleau. Sa place dans cette zone n’est pas due au hasard.
La Porcelaine, ce gros et beau papillon de nuit se nourrit de peuplier et de saule, éventuellement de bouleau.

Conclusion

La gestion d’une prairie, d’une forêt ou de n’importe quelle parcelle devrait se faire avec une connaissance approfondie de sa faune. Plus de 80% de la faune est généralement constituée d’insectes, lesquels sont une base de la chaîne alimentaire.

La gestion des réserves et autres zones naturelles se fait encore trop souvent en ignorant ces paramètres et les impacts éventuels sur cette partie animale. Ce travail ‘interventionniste’ doit être le résultat de nombreuses consultations entre un maximum de spécialistes et être le meilleur compromis pour maximiser le potentiel du terrain.

Encore trop souvent, je constate des gestions catastrophiques pour la faune entomologique. Si l'on néglige même la dimension des consommateurs primaires, premiers maillons de base des consommateurs secondaires et tertiaires, il y a gérance de ‘jardin botanique’ et non plus de réserve naturelle.

Fabian Beck


SOS Animal en détresse: que faire face à un animal sauvage blessé ou malade?

Au détour d’un chemin lors de la promenade dominicale, lors de travaux au jardin ou encore sur la route, nous pourrions tous être confrontés à la découverte d’un animal en détresse.

Petit rappel des choses à faire et surtout à ne pas faire: 

  • Evitez de toucher cet animal, aussi mignon soit-il! S’il s’agit de petits, il n’est pas anormal –de manière générale– qu’ils soient seuls, leur mère ne doit pas être loin. En touchant l’animal, vous mettez une odeur humaine sur lui dont sa mère ou ses congénères vont se méfier, ce qui pourrait lui être fatal. Ceci est moins le cas pour les oiseaux, qui ont un odorat peu développé; les parents d’un oisillon ne l’abandonneront pas, même s’il a été touché par une main humaine.
  • Observez-le! Prenez le temps de l’observer afin de détecter s’il est seul, blessé ou malade.
  • Evitez les gestes brusques ou les cris.
  • S’il est visiblement blessé, venez-lui en aide en l’emmenant dans un centre de soins et de réhabilitation. Le gardien du parc ou le garde forestier peuvent également être d’une aide précieuse.
  • Méfiez-vous! Même blessé, un animal sauvage reste… sauvage! Il garde ses instincts de défense et pourrait vous blesser. Portez des gants si vous en avez sur vous, protégez-vous d’une veste ou d’une couverture, …
  • Ne donnez rien à boire ou à manger sans avoir été conseillé par un spécialiste.
  • Gardez l’animal au calme, dans l’attente de sa prise en charge par un centre compétent. Evitez de l’exhiber à toute la famille, cela ne ferait que lui causer un stress inutile.
  • Ne donnez pas de soins vous-même, à moins d'être vous-mêmes un spécialiste …

Attention, la détention d’animal sauvage blessé chez des particuliers est illégale. De plus, statistiquement, un animal blessé, malade ou trop jeune a plus de chances de s’en sortir s’il est pris en charge par un centre compétent plutôt que par un particulier. 

Le site de Natagora vous aidera à trouver la bonne adresse pour:

Un hérisson, un renard, un chevreuil ou un autre mammifère sauvage? Le Centre de Revalidation pour Oiseaux Handicapés peut également les prendre en charge.

Dans le cas d’un hérisson blessé, le mieux à faire avant sa prise en charge par un centre de revalidation est de le rentrer à l’intérieur, dans une boîte en carton, contre une bouillote ou une bouteille d’eau chaude enveloppée d’un tissu.

Vous avez trouvé le cadavre d’un animal sauvage?

Rien d’alarmant a priori. Néanmoins, pour des raisons d’hygiène, il est préférable d’avertir les autorités. Ceci est vraiment recommandé si vous deviez découvrir plusieurs individus de la même espèce à proximité. 

  • En forêt de Soignes, dans un parc ou un espace vert géré par Bruxelles Environnement, adressez-vous au gardien ou au service Info-Environnement: 02/775.75.75 
  • Sur la voie publique, adressez-vous à l’unité provinciale de contrôle de l’AFSCA: 02/211.92.00 pour la région de Bruxelles-Capitale 
  • Dans une propriété communale ou privée, adressez-vous à l’éco-conseiller communal ou au fonctionnaire communal chargé de l’environnement ou à Bruxelles Environnement.

Cindy Hannard


Devine qui vient tisser dans mon jardin

Tetragnathidae Meta - Photo B. Seghers

L’automne est à notre porte (et semble un peu en avance cette année), nous amenant son lot de merveilles: feuilles dorées, fruits dodus, et… d’énormes toiles d’araignées.

On ne peut pas les rater, elles s’installent partout, toujours dans notre chemin, tendues tels des filets de pêche. Ces toiles en forme de roue que l’on appelle toiles orbiculaires (ou toiles géométriques) trahissent la présence d’un arthropode mal aimé mais oh combien utile: l’araignée.

Les toiles orbiculaires sont majoritairement construites par la grande famille des Epeires (Araneidae), dont la plus célèbre et facilement identifiable porte le doux nom d’Epeire diadème ou Araignée porte-croix (Araneus diadematus) à cause de son dessin de fines perles blanches disposées en forme de croix.

Ce sont principalement des femelles qui s’installeront dans votre jardin, car nous sommes en pleine période de reproduction et celles-ci doivent maintenant emmagasiner autant de protéines que possible, non pas pour passer l’hiver, mais pour tout simplement pondre plusieurs dizaines d’œufs qui seront soigneusement enfermés dans un cocon de soie qui devra résister aux frimas de l’hiver.  La toile est donc un outil précieux, que l’araignée reconstruira chaque nuit afin de le maintenir en parfait état tout en régulant le nombre d’insectes volants encore présents à cette période de l’année.

Il n’y a pas que les Epeires qui fabriquent des toiles orbiculaires. Une autre araignée très commune en cette saison, nommée d’ailleurs la Meta d’automne (Metellina segmentata) s’est sans doute installée dans votre jardin. Ce n’est pas une Epeire stricto sensu car cette araignée fait partie de la famille des Tetragnathidae.

Pour différencier sa toile de celle construite par une Araneidae, vous devrez simplement vérifier que la roue de soie présente un trou en son milieu. En effet, les Tetragnathidae ont l’habitude de manger le moyeu central de leur toile après construction, alors que les Epeires font des toiles au moyeu fermé.

Toile de Meta - Michael J. Roberts (1996); Spiders of Britain and Northern Europe, Collins Field Guide
Toile d'Araneus - Michael J. Roberts (1996); Spiders of Britain and Northern Europe, Collins Field Guide

Si vous voulez vous amuser à relever les araignées présentes dans votre jardin, vous pouvez consulter les fiches "araignées du mois" sur le blog du groupe de la Régionale Natagora Bruxelles.

Brigitte Segers


Y a plus de saisons, ma bonne dame!

En jardineuse amateur, j'attendais impatiemment le printemps et la période des semis, tailles et autres menus travaux annonçant le retour de mes activités potagères... Il faut bien constater pourtant que cette fois, j'ai été prise de court! Avec un hiver passé complètement inaperçu, c'est en catastrophe que mes beaux hortensias se sont faits tailler les branches...

Ces dernières semaines, la nature semble avoir voulu prendre de l'avance et mon guide de jardinage ne me prévoyait pas ces menus travaux au tout début du mois de mars! Alors, quoi maintenant? Ces calendriers de référence sont-ils bon à jeter? Quels effets va avoir cet hiver particulièrement doux sur mon jardin?  Comment je m'adapte?

Un hiver record?

Selon les chiffres de l'IRM, cet hiver 2014 aura battu quelques records:

  • C'est le deuxième hiver le plus doux depuis 1883. La température la plus basse enregistrée à Uccle cet hiver était de -0.5°C.
  • Seulement six jours de gel, ça n'était plus arrivé depuis 1963.
  • Il n'y a pas eu d'enneigement au sol enregistré à Uccle cet hiver, c'est un record absolu depuis le début de l'enregistrement des données en 1883.

En cause: le réchauffement climatique?

La conclusion serait facile. Mais trop rapide. Cette situation ne serait pas due au seul réchauffement climatique. Il y a toujours eu des cycles d'hivers doux et d'hivers froids. Ce qui est interpellant, toujours selon l'IRM, serait plutôt que lorsque l'on se trouve dans un cycle d'hivers chauds, les records saisonniers de chaleur sont battus ou frôlés, comme cette année. Et c'est cette récurrence à battre des records de chaleur qui doit être imputée au réchauffement climatique.

Quelles conséquences? 

Le réchauffement climatique n'a pas pour seul effet de faire fleurir mon magnolia en plein hiver météorologique...

  • En florissant de plus en plus tôt, les plantes seront aussi plus exposées aux gelées. 
  • Les périodes de canicules seront sans doute de plus en plus fréquentes et risquent d'être fatales pour certaines espèces.

Et ces conséquences ne touchent pas seulement le royaume des plantes:

  • Il est constaté que les insectes nuisibles se rapprochent des pôles. Ils occupent aujourd'hui des régions où ils n'étaient pas présents il y a quelques décennies, pouvant à terme menacer la sécurité alimentaire mondiale.
  • Sur la base d'observations en France et en Grande-Bretagne, des chercheurs ont récemment conclu que le nombre d'espèces de pucerons a sensiblement augmenté au cours des quarante dernières années.
  • La période d'activité des insectes s'est également allongée.
  • D'autres, par contre, disparaissent, menaçant alors la survie de leurs prédateurs.

Ceci n'est qu'un petit échantillon des effets que le réchauffement climatique produit sur la nature et la biodiversité. La liste des effets néfastes est bien trop longue!

Quelles actions prendre?

Avant tout et un mot, s'adapter! Ne pas rester calé sur des calendriers de jardinage mensuels mais privilégier ceux qui détaillent les travaux à réaliser en fonction de l'avancée dans la saison et des signes que nous donne la nature. De nombreuses fiches utiles sont disponibles sur le site de Natagora via le Réseau Nature.

Quelques actions sont très simples à prendre:

  • Privilégier des plantes qui supportent davantage la sécheresse ou économes en eau.
  • Choisir de préférence des espèces indigènes.
  • Acheter des fruitiers qui seront moins sensibles aux gelées tardives ou précoces.
  • Pailler le sol, ce qui permet de conserver l'humidité. 
  • Protéger les fruitiers si nécessaire

Pour le reste, mon professeur en jardinage m'a souvent dit "Il faut tester!"...

Cindy Hannard


Une ferme à culture bio-citadine

Tout le monde en parle, que ce soient les convaincus, les indécis ou les agnostiques. L’agriculture biologique a commencé à envahir nos champs, nos magasins, nos assiettes et aussi nos villes. Et Bruxelles n’est pas en reste! Dans sa partie la plus orientale, là où la Flandre s’entremêle à elle, se trouve La Finca. Traduisez de l’espagnol: "La Ferme" (un terme bien plus sexy dans la langue de Don Quichotte, il faut l’avouer).

Pas juste des légumes

Les fondateurs de cette petite ferme citadine à culture biologique ne se contentent pas de vendre simplement leurs légumes. Lorsque l’on rentre dans la boutique, on est tout de suite enveloppé par une sensation de confort. Les meubles sont en bois (effet vieux bois joliment usé), la lumière est douce et chaude et les arcades au plafond nous donnent l’impression d’entrer dans un lieu un peu sacré.  La décoration a été pensée pour qu’on se sente bien, loin des décors flashy et aseptisés des grandes surfaces. En plus de vendre ses légumes, la boutique propose également une petite restauration et donne l’occasion de venir se reposer devant un café. Les enfants ne sont pas oubliés, ils ont leur propre coin jeux.

Une volonté d’autonomie

"Pour l’instant, nous cultivons une trentaine de variétés de légumes sur un demi hectare. Toutes nos ventes se font via le magasin, nous n’avons pas besoin d’aller sur les marchés, de nous associer avec une coopérative ou de contacter d’autres magasins." Le ton est donné par Jérémy Verhelst, un des fondateurs de la ferme. Avec sa compagne Sarah Potvin, ils ont lancé le projet en octobre 2012. "Nous n’avons pas besoin d’aller voir ailleurs pour vendre nos produits car la demande est bien assez suffisante. Les habitants de Wezembeek-Oppem et alentours sont assez réceptifs à tout ce qui est culture biologique et de proximité". Une ferme citadine pensée pour des citadins, c’est certainement ce qui fait la force du projet.  D’où son succès immédiat, qui n’est pas près de retomber.  La Finca est aussi présente sur la toile avec page facebook et site internet mis à jour très régulièrement. Il permet de suivre l’évolution de la ferme, propose un agenda et bientôt, verra naître un e-shop pour y acheter ses fruits et légumes en quelques clics. La Finca est définitivement dans l’air du temps.

Le biologique, une évidence

Lorsqu’on demande à Jérémy pourquoi avoir choisi la culture biologique, la réponse se fait un peu attendre tellement ça leur est apparu comme une évidence.  La culture biologique est pour ce couple une sorte de philosophie de vie, une évidence. Et une valeur ajoutée dans leur projet. "C’est un gage de qualité, même cela demande plus d’efforts par rapport à l’agriculture traditionnelle. Comme toute culture biologique, nous n’utilisons pas de produits de synthèse. Nous n’utilisons que des produits naturels ou de luttes biologiques, du compost sec pour la fertilisation. Nous utilisons parfois la traction animale pour travailler la terre. Et nous avons des moutons sur la reste de notre terrain que nous n’utilisons pas pour la culture."  A terme, l’objectif est d’étendre les cultures sur l’ensemble du terrain de trois hectares. Mais sans empressement, pas à pas, histoire de s’adapter au mieux à l’air du temps.

La Finca
Chaussée de Maline 71 - 1970 Wezembeek-Oppem
Tel: 0489 90 99 35 - Email: contact(at)la-finca.be
Heures d’ouverture: le lundi et mardi de 12h à 19h et du mercredi à samedi de 10h à 19h

Les hirondelles de fenêtre à Bruxelles

Par Charlie Carels
Coordinateur du Groupe de Travail Hirondelles d’Aves-Natagora
Email: hirondelles(at)aves.be 

Photo: Th. Tancrez

Ecrire l’histoire de l’évolution des populations d’oiseaux communs n’est pas toujours aisé. Les ornithologues du passé les ont trop souvent délaissés au profit de l’étude d’espèces plus rares. En ce qui concerne l’hirondelle de fenêtre à Bruxelles, nous avons la chance de posséder des études approfondies depuis le milieu des années ’70, de deux atlas des oiseaux nicheurs et depuis plus de 20 ans, de chiffres annuels quasiment exhaustifs, recueillis par les observateurs d’Aves dans le cadre du programme de surveillance de l'état de l'environnement bruxellois organisé par l’administration régionale "Bruxelles Environnement".

  • Encore estimée à près de 8 ou 900 couples en 1980, la population bruxelloise d’hirondelles de fenêtre est tombée à moins de 250 couples en 1992 pour s’effondrer ensuite à un minimum historique de 33 couples en 2002.
  • Dès 1995, des mesures de protection -pose de nids artificiels et sensibilisation des habitants- ont été expérimentées dans la capitale belge. Suite aux premiers succès enregistrés, ces mesures ont été renforcées et étendues à d’autres quartiers en 2000, 2006 et 2007.
  • En 2013, avec 290 couples nicheurs, la situation s’est heureusement nettement améliorée. On dénombre désormais dans la capitale belge deux fois plus d’hirondelles qu’il y a 20 ans! Mais la structure des colonies a été complètement bouleversée. Le premier Atlas des oiseaux nicheurs de Bruxelles (1988 et 1991) rapportait quasiment le même nombre de couples qu’aujourd’hui mais répartis sur un minimum de 56 carrés différents. Bruxelles comptait alors un nombre élevé de très petites colonies et de couples isolés.
  • Aujourd’hui, quasiment le même nombre des couples se répartissent sur 6 grosses colonies seulement. Le phénomène de concentration est donc impressionnant.
Evolution du nombre de nids d'hirondelles de fenêtre à Bruxelles

Les six colonies bruxelloises actuelles

1. La colonie de la Meunerie

La colonie de la Meunerie bruxelloise (Neder-over-Heembeek) est la plus importante de toutes. Elle est située sur un bâtiment industriel le long du canal, assez loin de toute habitation. L’évolution de cette colonie est difficile à décrire précisément. L’accès au site a été interdit aux ornithologues jusqu’à une période récente. La colonie de la Meunerie semble néanmoins avoir progressé durant les 10 dernières années. 

C’est la seule colonie bruxelloise à s’être maintenue en l’absence de mesures de protection spécifique. La présence de chantiers permanents dans la zone industrielle du canal a probablement toujours permis aux hirondelles de se ravitailler en boue pour la construction de leurs nids. La totalité des hirondelles y nichent en nids naturels.

146 couples nicheurs dénombrés à la Meunerie en 2013

2-3-4. Les trois colonies de Watermael-Boitsfort : Coin du Balai – Place Keym - Béguinettes

Photo: G. Vandevelde

Dans les années ’80, la commune de Watermael-Boitsfort (Sud de Bruxelles) comptait plusieurs petites colonies en déclin. La situation y était similaire à la plupart des autres communes bruxelloises. Les hirondelles y auraient plus que probablement disparu comme ailleurs sans l’intervention énergique de la Commission Ornithologique de Watermael-Boitsfort et de son dynamique président, Mario Ninanne.

Refusant la fatalité, celui-ci décida dès 1995 de protéger les dernières hirondelles en plaçant des nids artificiels. Les débuts ne furent pas immédiatement concluants. Les techniques à utiliser n’étaient pas encore tout à fait au point. Mais, après quelques tâtonnements, les premiers nids artificiels furent occupés. Et petit à petit la population d’hirondelles de fenêtre se remit à croître.

En 2013, 46 couples se répartissent sur 3 colonies. Les nids sont tous placés sur des maisons individuelles et sur une école – sous des balcons ou en-dessous d’une corniche.

Le succès de ce sauvetage est tout autant dû au dynamisme de Mario qu’à l’enthousiasme qu’il a réussi à susciter dans la population. Des "faux balcons" ont même dû être placés afin de satisfaire les demandes d’habitants dont les maisons ne convenaient a priori pas pour le placement d’un nid artificiel. L’écrasante majorité des hirondelles de Boitsfort nichent en nids artificiels.

46 couples nicheurs dénombrés à Watermael-Boitsfort en 2013

5. La colonie du Charroi (Forest)

Cette colonie, la seule située à l’ouest de Bruxelles, est entièrement localisée sur un grand bâtiment semi-industriel. Elle a failli disparaître en 2005 lorsque des travaux de ravalement ont été entrepris. Heureusement, l’intervention de la Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux et de l’administration bruxelloise de la protection de l’environnement a permis de trouver un compromis avec le propriétaire du bâtiment. In extremis, les nids n’ont pas été détruits et des nids artificiels ont été rajoutés pour renforcer la colonie.

Depuis lors, cette colonie prospère tant dans les nids naturels qu’artificiels. Chaque année de nouveaux nids naturels sont construits. Un bras à ciel ouvert de la Senne (rivière bruxelloise voûtée sur la quasi-totalité de son cours bruxellois), offre probablement aux hirondelles la possibilité de s’approvisionner en boue.

Les hirondelles du "Charroi" se répartissent assez équitablement entre des nids naturels et des nids artificiels.

40 couples nicheurs dénombrés à Forest en 2013

6. La colonie de Mater Dei (Woluwe-Saint-Pierre)

Photo: J.-C. VandenBruel

Située sur les deux grands bâtiments d’une école, cette colonie a longtemps été la plus importante de Bruxelles. Le Lycée Mater Dei se trouve au cœur d’un quartier résidentiel huppé. Tout au long des années ’70 et ’80, de luxueuses villas y ont été bâties. Les chantiers de construction offraient alors toute la boue nécessaire aux hirondelles pour bâtir leurs nids. Avec la fin des chantiers, cette colonie a périclité jusqu’à ne plus compter aucun nid occupé en 2003 et 2004.

En 2007, le Groupe de Travail Hirondelles récemment créé a décidé de redynamiser cette colonie moribonde. Une quarantaine de nids artificiels ont été placés à côté des nombreux nids en ruine. La présence des nids artificiels a rapidement eu l’effet escompté : 6 couples en 2007, 7 en 2008,  11 en 2009, 22 en 2010, 27 en 2011 pour remonter à 43 en 2013 !

La majorité des hirondelles de Mater Dei occupent dorénavant des nids artificiels même si chaque année, elles tentent de reconstruire les "vestiges historiques" de nids naturels.  Pour ce faire, elles utilisent la boue noire qu’elles trouvent dans les corniches. Mais les nids construits avec ce matériau friable se brisent souvent bien avant que les hirondelles n’aient le temps d’y pondre…

Pour essayer d’étendre cette colonie, des nids artificiels ont été placés chez des particuliers dans le quartier St Alix, quelques pâtés de maisons plus loin. La technique de la repasse du chant des hirondelles a été utilisée avec succès. Un premier couple s’est installé en 2010. Et on en comptait 3 en 2013. Avec un peu de chance, c’est le début d’une nouvelle colonie …

46 couples nicheurs dénombrés à Woluwé-Saint-Pierre en 2013

Sensibilisation du public

Photo: G. Vandevelde

Toutes ces mesures de protection n’auraient pu être mises en place sans le soutien de la population des quartiers concernés. Celui-ci a pu être acquis grâce aux nombreux contacts noués sur le terrain. Les membres de la Commission Ornithologique de Watermael Boitsfort et du Groupe de Travail Hirondelles consacrent un temps important à aller parler aux habitants.

La meilleure manière d’obtenir le respect des nids d’hirondelles, c’est de faire connaître et même aimer ces oiseaux. Parler des migrations, de leur grande fidélité à leur nid et des dangers qui les guettent permet souvent d’atteindre cet objectif. Toujours pour motiver les habitants qui "hébergent" chez eux des hirondelles, un autocollant "je protège les hirondelles" leur est gracieusement offert. Ceux-ci sont fièrement arborés sur les portes, boîtes aux lettres, fenêtres ou descentes d’eau et constituent le signe de ralliement de la communauté des amis des hirondelles… 

Conclusion

Photo: G. Vandevelde

La disparition des hirondelles de fenêtre dans une grande ville comme Bruxelles n’est pas une fatalité. Le succès des nichées dans les colonies de cette ville montre que la nourriture ne manque pas. C’est par contre la difficulté de trouver un nid ou de parvenir à le construire qui semble être le principal facteur limitant.

La pose de nids artificiels permet de suppléer à ce problème et d’assurer un futur aux hirondelles urbaines. Nous ne pouvons qu’encourager l’adoption de telles mesures de protection dans d’autres villes. Car au-delà de la préservation d’une espèce sympathique, la mise sur pied d’une action en faveur des hirondelles constitue un formidable outil d’initiation à la préservation de l’environnement.

Vous avez une question à propos des hirondelles ?
Envoyez la par email à hirondelles(at)aves.be 
Réponse assurée endéans les 48 heures.

 

 


Une maison verte dans la ville

"Une maison verte dans la ville" …tel est le nom dont ils m’ont affublé pour fêter les 10 ans de Natagora au parc de Bruxelles le 29 septembre dernier.

Je me présente: je suis une maquette née de l’imagination d’un quinqua converti de longues dates à la préservation de la nature et, pour la conception et réalisation, des jolies mains d’une jeune fille  débutant ses études d’architecture.

Sans fausse modestie, je suis assez fière de mon physique… Pensez! J’ai droit tout autour de mes murs, au jardin idéal: de la mare naturelle en passant par une prairie fleurie, d’un potager, d’un silo à compost, d’un muret de pierres sèches, d’un hôtel à insectes, mon jardin peut accueillir faune et flore permettant ce qu’ils appellent la "biodiversité’. Même le toit de ma véranda est végétal.

De plus, mes murs reçoivent des nichoirs pour les hirondelles et d’autres pour les martinets.

Enfin, accroché au tronc de l’arbre trônant dans le jardin,  y pendent un nichoir pour les mésanges et un abri pour les chauve-souris.

Je suis une maquette petite par ses dimensions: 1 petit mètre carré pour une hauteur de 55 cm, mais assez grande pour que l’on s’attarde à ma vue et que je suscite l’envie de copier mon jardin, mes murs, mon arbre, mes nichoirs, pour les personnes qui ont la chance de posséder un jardin dans la ville.


Promoteur contre Nature

C’était un petit jardin, au fond d’une cour à la chaussée d’Antin. De grâce, de grâce, Monsieur le promoteur, préservez cette grâce (extrait du « petit jardin » de Jacques Dutronc).

C’était un petit plateau, au fond de la commune d’Uccle. De grâce, de grâce, Messieurs les Politiques, préservez cette grâce (extrait des suppliques des défenseurs du plateau Avijl).

Jacques Dutronc/Natagora, même combat ?

On pourrait le croire en effet, malgré les décennies écoulées depuis la sortie de cette belle chanson, qui a favorisé l’éveil de la conscience écologique et du respect de la beauté simple.

En effet, les promoteurs immobiliers sont toujours aux aguets pour fondre tels des oiseaux de proie sur les terrains les plus charmants, car tout ce qui est charmant se vend vite et cher. Le hic, c’est que du coup, le charme et la grâce ont généralement tôt fait de disparaître sous les coups des pelleteuses et autres engins de chantier.

Souvent, l’on se plaint que les Politiques n’en font pas assez pour freiner cette course au profit. Mais ici, c’est pire : ce sont eux qui projettent 200 logements sur le site. Certes, la commune est propriétaire, certes le terrain était en réserve foncière, certes des logements à prix modérés ne seraient pas du luxe à Uccle, certes il faut trouver un équilibre entre la nécessité de vivre plus densément en ville et la préservation de la nature.

Mais comment ignorer le rôle social et écologique que joue un tel petit paradis dans une zone urbanisée où tant de citoyens aspirent à se plonger dans le calme et la contemplation de la nature à deux pas de chez eux, sans devoir courir au fond des Ardennes. Sans oublier la chance d’y croiser ses voisins jardiniers ou promeneurs, et de développer ainsi une vie sociale si précieuse.

Une perle, enchâssée dans un quartier qui lutte pour garder son caractère villageois

N’est-ce pas une sorte de miracle de voir un terrain à l’abandon reprendre vie grâce aux habitants, la biodiversité s’y installer de façon convaincante ?  C’est ainsi qu’est née une perle, enchâssée dans un quartier qui lutte pour garder son caractère villageois. Elle est devenue prétexte de fête et de rencontres. Que de monde pour l’admirer lors de la dernière journée festive ! J’y ai même croisé Madame Dupuis1 (ou son sosie ?), à mon grand étonnement. Puisse cette visite l’éclairer sur la valeur du lieu.

Abattrait-on une cathédrale pour y construire des logements ? Bien sûr que non ! Le patrimoine (semi)naturel et social ne mérite-t-il pas autant de considération ? Certes, le plateau Avijl n’a pas vocation à devenir patrimoine de l’humanité, n’exagérons rien, mais il constitue à l’échelle bruxelloise une véritable richesse, le genre de richesse qui nous rend heureux d’habiter Bruxelles.

Alors, Messieurs les Politiques, s’il vous plaît, cherchez d’autres solutions aux problèmes de logement, sans compromettre notre patrimoine commun ! Rassurez mon ami Jean, quelque peu découragé de s’investir dans un jardin naturel ouvert à tous et sous label du réseau nature, sachant la menace qui pèse sur son petit eden.

 

Madame Dupuis est conseillère communale à Uccle. Malgré une sensibilité à la défense de la nature, elle a soutenu le projet de construction de logements. Elle est aussi présidente du Parlement bruxellois.  

 


L’écologie sous toutes ses coutures urbaines

La phytoremédiation… Le retour des villages dans les villes… Les potagers urbains… L’alimentation durable… La permaculture… La pleine conscience… La citoyenneté…

Tous des termes que vous pourrez entendre, et réentendre en poussant la porte du Centre d’Ecologie Urbaine de Uccle.

Situé aux abords du Bois de la Cambre, la devanture de ce local ne paye pas de mine. Une simple enseigne peinte à la main annonce la couleur, traçant élégamment et simplement le mot « Ecologie ». Le visiteur est accueilli dans un simple bureau, aux lumières chaudes. Derrière, un long rideau rouge. Il fait penser au rideau masquant une scène de théâtre, et éveille notre curiosité… Que peut-il bien cacher ?

 

Un local de rencontres et de partage, tout simplement ! Une grande salle, qui a vu des gens valser, méditer, discuter, boire, manger, rire. Le centre se démarque par une grande variété d’activités. Elles sont toutes liées à la citoyenneté, à l’écologie, à la vie urbaine, à ce besoin de repenser notre mode de pensées et de fonctionnement.

Vous avez dit écologie urbaine?

Stephan Kampelman, un des fondateurs du projet, explique ce qu’ils entendent par écologie urbaine : "C’est un terme qui veut tout et rien dire à la fois. Nous concevons ça comme une manière de vivre en ville, en respectant l’humain et la nature. La ville a cette particularité qu’elle brasse des flux énormes d’énergie, de ressources,.. Plusieurs problèmes émergent donc, en termes d’espaces naturels, de vie, de cultures. Nous essayons de trouver des solutions là où les gens habitent." 

Trouver des solutions, pas seulement dans la parole, mais aussi dans les actes. Par exemple, le Centre est en collaboration avec diverses universités concernant un projet de phytoremédiation. "Une des activités principales du centre est l’alimentation durable. Mais un gros problème à Bruxelles est la pollution des sols. Plus de 8% des sols de Bruxelles-Capitale sont touchés par une pollution historique, à cause de son histoire industrielle. Donc pour cultiver son potager, ce n’est pas le meilleur… Au lieu de tout faire dans des bacs, avec de la terre venue d’ailleurs, nous proposons des cultures de plantes qui dépolluent les sols. Ce sont des plantes qui extraient les métaux lourds et les stockent. Ici, dans notre jardin, nous allons expérimenter différentes plantes, différentes techniques. Des expériences à Bruxelles, pour Bruxelles. Mais qui pourront aider ailleurs."

Le jardin a également accueilli un potager collectif en 2012. Et tous les mercredis, un marché de saison, qui propose huit sortes de paniers de fruits et légumes de saison. Des produits provenant de la Ferme Nos Pilifs, située, bien sûr, à Bruxelles.

Mais encore...

Le centre se concentre aussi sur d’autres domaines, car ici l’écologie est aussi pensée comme un chemin vers le bien-être. Ainsi, vous pourrez assister un jour à une conférence, un autre vous faire masser avec des huiles naturelles, encore un autre danser au rythme du tango… Sans oublier les apéros acoustiques, où vous pourrez boire un verre au son de musiques… peu banales.

Le Centre d’Ecologie Urbaine de Uccle, un lieu qui ne paye pas de mine… Mais dont on sent toute l’énergie une fois passé la porte, et surtout, le grand rideau rouge. Alors n’hésitez surtout pas à entrer sur la scène de l’écologie urbaine ! 

  • Centre d’écologie urbaine d’Uccle
  • Chaussée de Waterloo 789, 1180 Uccle (Arrêt Longchamps, tram 7 et bus 38)
  • Visitez le site Internet ou découvrez le trimestriel du centre: Gaia Scienza

Natagora Bruxelles

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Natagora, association de protection de la nature, se mobilise pour prserver la biodiversit des habitats naturels en Wallonie et Bruxelles. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien !