Balades et observations

Cette section du site reprend des idées de sorties "nature" en Région de Bruxelles-Capitale ou dans sa périphérie proche. Si celles-ci vous inspirent, n'hésitez pas à consulter notre calendrier. Peut-être qu'une balade guidée vous tentera? Nous vous proposons également, de temps en temps, un article plus orienté sur les observations naturalistes. Bonne lecture !


La carte du naturaliste, notions de cartographie au Marais de Ganshoren

Le marais de Ganshoren selon la Carte de Ferraris

Henri Jardez, guide-nature et cartographe, effectue un inventaire biologique des macroinvertébrés au marais de Ganshoren.  Ces 11 ha de prairies humides et de saules constituent l’un des derniers vestiges des zones humides de la vallée du Molenbeek. 

Comment s’y prendre pour dresser une carte de la zone explorée et y localiser les observations naturalistes, le relief, les strates de végétation ?  Comme il l’explique lors de la formation de futurs guides, il s’agit de combiner les cartes numériques existantes et de les actualiser avec les observations de terrain.

Les progrès informatiques, en compressant les données, permettent à tout particulier, disposant d’un accès internet, d’accéder à de multiples sources de données et de les manipuler pour constituer des inventaires précis témoignant de l’évolution de la biodiversité d’une zone.

Les sources historiques : d’anciennes cartes, telle la carte de Ferraris de 1777 (un extrait ci-dessous), sont consultables par exemple sur le site de la Bibliothèque royale de Belgique.

Les cartes évoluent selon leur objectif (militaire pour la carte de Ferraris), l’urbanisation et les différents moyens de classer les paysages s’intensifient.

Les cartes actuelles : Belgique oblige, accéder aux données existantes requiert d’abord de localiser le site propre à chaque Région :

  • UrbIS Data, source de données alphanumériques et cartographiques pour la Région bruxelloise (couches de base);
  • GeoBru, le géo portail de la Région bruxelloise (informations environnementales) ;
  • Wal On Map, le géo portail de la Wallonie ;
  • Geopunt Vlaanderen, le géo portail de la Région flamande.

Les données proviennent des travaux aériens, de topographie terrestre, de la télédétection par laser (Lidar) (utilisée par Google Maps, Open Street Map,..)

Pour interpréter ces cartes, il faut tenir compte de deux modes fondamentaux de représentation numérique des données géographiques.  Ils sont utilisés dans les GPS et permettent de placer un itinéraire sur une carte et d’y localiser des observations. Il s’agit du mode matriciel (Rasters) et du mode vectoriel.

Les "rasters" sont des images (plans scannés, photographies aériennes, images de satellite) repérées dans l'espace. S’agissant d’images, le naturaliste ne saura pas les modifier pour ses besoins.

Le format vectoriel utilise le concept d'objets géométriques (points, lignes, polygones, texte,…) pour représenter les entités géographiques. Ces objets géométriques sont définis par leurs coordonnées dans un système de projection : les objets sont localisés avec précision et tous ces éléments peuvent être utilisés et déplacés pour permettre par exemple au guide nature de définir le tracé qu’il souhaite explorer, d’y rajouter ses observations, d’annoter la carte.

Pour collecter les informations, le terrain étudié peut être subdivisé en "quadrats", ou carrés virtuels numérotés, par exemple d’1 are, où situer les plantes et animaux observés.  L’inventaire peut aussi se faire le long d’un "transect" (une coupe) en parcourant régulièrement un même tracé et récoltant des données au fil des 4 saisons.

La lecture du paysage tiendra compte de la topographie (les reliefs, l’altitude), la géologie (la nature du sous-sol,..), de la végétation spontanée (sa répartition par strates,…), de l’utilisation du milieu (forme des parcelles et leurs limites par des haies, répartition des cultures,…).

Concrètement, pour préparer une carte d’une zone de Bruxelles, on peut télécharger les données du site UrbIS de la commune choisie (http://cirb.brussels/fr/nos-solutions/urbis-solutions/telechargement) et les manipuler avec un logiciel de type QGIS (un système d'information géographique open source : https://www.qgis.org/fr/site/forusers/download.html) afin de, par exemple, superposer des images sur des points géologiques et utiliser des projections.

Les observations sur le terrain peuvent être encodées sur un site comme Observations.be;  ou complétées par les données encodées par d’autres naturalistes sur ce même site.  Ces données rassemblées ensuite dans un fichier tableur avec leurs coordonnées GPS peuvent, à l’aide du logiciel, compléter  la carte en y situant l’ensemble des observations. 

Grâce à l’ensemble de ces outils, le naturaliste peut réaliser une carte de ses relevés comme celle présentée en fin d'article.

Des séances d’information, destinées aux guides-nature, sont organisées par les Cercles des Naturalistes de Belgique – section des guides nature du Brabant. Plus de renseignements: Henri Jardez (henri.jardez(at)skynet.be)

 

Laura Vandenbergh (Février 2018)

Inventaire des papillons au marais de Ganshoren (Carte réalisée par Henri Jardez)

Promenade nature au fil des saisons - édition spéciale insectes

Les participants à l'édition aoutienne de notre traditionnelle balade au fil des saisons à Wezembeek-Oppem, en périphérie bruxelloise, ont eu la chance de faire la connaissance d'un monde souvent ignoré lors des promenades : les insectes. Pour prolonger cette découverte voici quelques clichés des espèces rencontrées. Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Merci à Fabian Deck, Michel Vandevelde et Monique Hars pour cette guidance à trois voix.

Jeune punaise - Probablement du genre Palomena
Méconème fragile ou méconème méridional (Meconema meridionale) - Femelle
Aulne glutineux Peut-être mangé par des chrysomèles de l'aulne (Agelastica alni) ?
Mouche à damier (Sarcophaga carnaria)
Abeille mellifère (Apis mellifera)
Sauterelle, plus précisément Leptophye ponctuée - (Leptophyes piunctatissima) - Femelle
Criquet (probablement criquet mélodieux) - Chorthippus biguttulus? Femelle impossible à déterminer.
Une punaise, plus précisement un Graphosome italien (Graphosoma italicum)
Bourdon des champs (Bombus pascuorum - Déterm. : E. Godding)
Papillon lycénidé - Plusieurs lycénidés bleus sont susceptibles de voler dans la zone, pour les déterminer, il faut aussi impérativement observer le dessous de l'aile.
Un sympétrum - Libellule - (Sympetrum sp)
Chenilles du papillon paon-du-jour. Elles se nourrissent d'orties.
Le groupe se penche sur une nouvelle espèce
Hôtel à insectes, ici habité par différentes abeilles du groupe des mégachiles caulicoles (qui nichent dans les tiges creuses)

Balade naturaliste dans un parc méconnu : le parc Tournay-Solvay à Watermael-Boitsfort

Parc Tournay Solvay (Photo : Laura Vandenbergh)

Par un samedi ensoleillé de fin septembre, 2 guides nature nous font découvrir ce domaine classé de 7 ha qui se niche entre la chaussée de la Hulpe, le domaine des Silex, la Forêt de Soignes et longe le chemin de fer (à ne pas confondre avec le domaine Solvay à la Hulpe).

Ancienne propriété de la famille Solvay, il servit d’écrin à un château construit en 1878 mais à l’abandon depuis les années 1970.  Squatté, incendié, le château abrite depuis des chauves-souris, des troglodytes ainsi qu’à une chouette effraie, en attendant sa rénovation.

Le parc héberge un centre de sculpture européen logé dans la Villa Blanche et le Centre Régional d'Initiation à l'Ecologie (CRIE) qui occupe les anciennes écuries et anime également les lieux.

Le domaine s’étale sur plusieurs niveaux : en haut un jardin à l’anglaise avec une roseraie mène au château.  Un chemin creux pavé divise le domaine en deux.  Une pente abrupte débouche sur 2 étangs en contrebas.

Outre les hêtres vestiges de la Forêt de Soignes où le parc fut érigé, divers arbres exotiques furent plantés dont quelques arbres remarquables de Bruxelles, certains âgés de 150 à 200 ans : un noisetier de Byzance, un tsuga, un hêtre pourpre, un cèdre du Liban.

Un séquoia géant bénéficie d’une barrière pour éviter le tassement du sol et protéger ses racines.  C’est un traitement de faveur pour cet arbre à l’écorce souple et spongieuse, surnommé l’« arbre du boxeur » car il aurait servi de punchingball  pour l’entrainement des boxeurs américains.

Petite leçon d’entomologie au centre de la roseraie.  Cette zone est riche en libellules (dont l’anax empereur) que l’on distingue des demoiselles car elles gardent les ailes écartées au repos, ces dernières les repliant, à l’exception des lestes.

Apercevant un robert-le-diable, on s’attarde sur le mimétisme des papillons et les ocelles des ailes déployées du paon du jour, sensées effrayer son prédateur. Grâce à ce leurre de protection, l’oiseau surpris ne peut déterminer l’avant et l’arrière de l’insecte et anticiper sa trajectoire de fuite.

Les parois hautes des bassins de la roseraie où poussent des iris, de la menthe aquatique et des roseaux, sont équipées d’« escaliers » pour permettre aux tritons d’en sortir sans escalade périlleuse.

Au pied d’un noisetier, les différents techniques de grignotage des noisettes sont décrites : de la noisette fendue en deux par l’écureuil, au trou régulier du mulot, en passant par l’ouverture irrégulière percée par la sittelle qui martèle la noisette coincée dans un creux d’écorce pour en manger l’amande.  Sans oublier le petit trou rond du charançon, dont la larve sort de la coquille en automne, l’insecte ayant pondu dans le fruit encore vert.

Du grignotage on passe à la dissémination des graines et on ne résiste pas au plaisir d’énumérer les termes alambiqués décrivant les différents modes de dispersion : de la chyroptérochorie des chauves-souris frugivores à la myrmécochorie par les fourmis (lorsque la plante favorise le transport de ses graines par les fourmis en leur donnant l’aspect d’une larve : la graine est emportée au sein de la fourmilière).

Aux étangs deux sittelles torchepot dévalent les troncs tête la première en y arrachant la mousse. Leur nom vient de la boue qu’elles utilisent pour maçonner l’entrée de leur nid en l’adaptant à leur taille, qu’il s’agisse d’un trou d’arbre ou d’un ancien nid de pic.

Profitant d’une pause en remontant le sentier raide des étangs vers le château, on évoque le moyen mnémotechnique infaillible pour discerner les hêtres des Charmes : « le charme d’Adam c’est d’être à poil" car si la feuille de charme a des dents, celle du hêtre a des poils !

Adresse : Parc Tournay-Solvay, chaussée de La Hulpe, 199, 1170 Bruxelles

Laura Vandenbergh (Septembre 2017)

Article publié à l'origine dans la Feuille de Chou n°61 (Novembre-Décembre 2017)


Balade aux sources du Vogelzangbeek : de l’importance d’une coordination entre les régions dans la gestion des cours d’eau

Le Vogelzangbeek à hauteur de la ferme Meylemeersch (Photo: Sabyne Lippens)

Le Vogelzangbeek à Anderlecht forme une frontière naturelle et régionale entre Anderlecht et Sint-Pieters-Leeuw. Il prend source à Vlezenbeek, connue pour ses fraises et ses vergers, où on l’appelle la Vleze, mêle ses eaux au Sobroekbeek et se jette ensuite dans le Zuunbeek, avant le canal Bruxelles-Charleroi.  Le Zuunbeek passe sous le canal et déverse ses eaux dans la Senne.

La gestion de ces cours d’eau ignore nos frontières régionales : ce qui ce passe en amont aura un impact en aval.  Il faut agir dès la source, d’où l’idée de « contrat de ruisseau interrégional ».  C’est ce que nous découvrons lors d’une balade organisée par le CCN Vogelzang d’Anderlecht,  - gestionnaire de la réserve naturelle du Vogelzang, « Coordination Senne » qui œuvre entre-autres à une approche intégrée des cours d’eau par bassin versant ; et la section Natuurpunt de Sint-Pieters-Leeuw.

Partis de la vallée du Vogelzang, nous remontons le long du Sobroekbeek serpentant dans le Pajottenland.  En partie canalisé et vouté sous les axes routiers, il alimente un étang, se rétrécit en amont et nous mène à la réserve naturelle du Cortenbroeck, nichée au creux d’un vallon champêtre, cerné de zones cultivées et résidentielles.  En 1900, ce bosquet servait de réserve de bois de chauffage, avec les saules on confectionnait des paniers.  Des  peupliers y furent massivement plantés.  Le Cortenbroeck est à présent envahi de cerisiers noirs d’Amérique, cette espèce invasive d’arbres plantés initialement pour servir au boisage des mines.  

Surprise : bien que situées dans une friche sauvage où un vague accès au Sobroekbeek a été aménagé, les eaux du  ruisselet ont piètre allure.  En partie suite à l‘eutrophisation, en partie suite aux déversements d’eaux usées de la zone résidentielle et aux ruissellements et boues provenant des champs cultivés voisins, les eaux apparaissent déjà noirâtres et saturées malgré la proximité de leur source. 

Nous terminons la balade en rejoignant l’une  des sources de la Vleze. Comme d’autres ruisselets en aval, la Vleze aurait par contre été épurée. 

Au niveau du Vogelzangbeek à Anderlecht, depuis 2011, les eaux usées ne sont plus déversées dans le ruisseau mais acheminées vers les stations d’épuration voisines des 2 régions. Comme on peut le constater maintenir une qualité constante de l’eau implique des actions coordonnées entre les régions. 

Une approche, le contrat de ruisseau, consiste à mettre autour d'une même table tous les acteurs de la vallée, en vue de définir par consensus un programme d'actions de restauration des cours d'eau, de leurs abords et des ressources en eau du bassin.

Coordination Senne-Coördinatie Zenne et le CCN Vogelzang CBN à Anderlecht notamment œuvrent en ce sens en organisant ce type de balades pour aborder le sujet avec les personnes concernées.

Renseignements:

http://www.coordinationsenne.be

http://users.edpnet.be/ccnvogelzangcbn/

Laura Vandenbergh

Article publié à l'origine dans la Feuille de Chou n°60 (Septembre - Octobre 2017)


Le domaine des Silex à Watermael-Boitsfort : un lieu propice à l’observation des oiseaux migrateurs !

La vallée de la Woluwe est un axe de migration important, les oiseaux utilisant ce corridor naturel pour contourner la capitale lorsqu’ils font route vers le sud de l’Europe ou l’Afrique. A hauteur du Domaine des Silex, ce couloir de migration Nord-Sud se rétrécit comme à l’extrémité d’un entonnoir. L’endroit est donc idéal pour observer de nombreux oiseaux en migration vers leurs lieux de reproduction (Nord de l’Europe) ou d’hivernage (Afrique).

Le Domaine des Silex est une ancienne propriété du Roi Léopold II qui en fit don à l’Etat en 1901. Il comprend notamment un grand étang d’un hectare où se sèchent par cette froide matinée de novembre quelques cormorans.

Trois matinées d’observations des oiseaux migrateurs sont organisées au domaine des Silex en septembre, octobre et novembre, où les différents styles de vols, les types de silhouettes et les cris permettent de reconnaître les oiseaux.

Les meilleures observations se font tôt le matin. En effet, les migrateurs insectivores se déplacent la nuit pour éviter les prédateurs et se posent vers midi, à l’heure où les ascendances thermiques sont favorables à leurs prédateurs, les rapaces.

On apprend que la migration d’automne est plus lente que celle du printemps : si l’aller vers le sud peut prendre 3 mois, le retour d’Afrique peut se faire en 3 semaines : une puce électronique placée sur une hirondelle indiquait un retour en 10 jours du Togo à Boitsfort ! Si à l’automne les oiseaux contournent les déserts d’Afrique du Nord, au printemps ils les traversent.

Les martinets sont parmi les premiers à partir dès le mois de juillet : ils ne séjournent ici qu’une centaine de jours avant de migrer vers l’Afrique du Sud. Ils mangent, boivent, dorment et s’accouplent en vol. En septembre, on observe la migration de l’hirondelle, de la fauvette et des derniers insectivores ; un faucon hobereau a aussi été aperçu cette année.

En octobre, les alouettes, les vanneaux, les grues et certains granivores migrent ; même si d’autres granivores comme les pinsons et verdiers se sédentarisent et hivernent de plus en plus chez nous, pourvu qu’il ne neige pas. En novembre, les oies s’en vont.

Ce samedi, malgré un temps sec inespéré entre une semaine d’averses et un avis de tempête pour le lendemain, le vent reste fort et les nuages défilent rapidement, laissant peu d’espoir aux naturalistes présents. Une grande aigrette vient d’être observée. On aperçoit aussi un goéland argenté, migrant probablement vers le Sud de la France (alors que les populations scandinaves migrent chez nous), des groupes de perruches, quelques chardonnerets, un vol d’étourneaux. Ces derniers viennent peut-être de l’Est de l’Europe, où cette espèce est protégée dans le cadre de la lutte contre le doryphore de la pomme de terre, alors qu’on les éliminait dans nos contrées dans les années 70, en dynamitant leurs dortoirs.

Un faucon pèlerin est en chasse : il s’agit probablement d’un membre du couple sédentaire installé sur le clocher de l’église proche. Ils trouvent suffisamment de pigeons pour se nourrir, sans devoir migrer. Les jeunes, eux, devront se trouver un nouveau territoire.

Si, comme ce samedi, la météo n’est pas favorable à l’observation, vous pourrez toujours vous rabattre sur la cueillette des pommes tardives, encore abondantes au verger !

Laura Vandenbergh (Novembre 2016)

Le Domaine des Silex est une propriété privée gérée par le COWB et l’IBGE, accessible au public les samedis (9-18 h) et les 1ers dimanches du mois (9-12 h) dans le cadre de la « Promenade Nature » (guidée). Il est ponctuellement accessible lors d’événements comme « La nuit des chauve-souris ».

Agenda sur http://www.cowb.be. Chemin des Silex - 1170 Bruxelles.

Article publié à l'origine dans la Feuille de Chou n°56 (Janvier-Février 2017)


Le Poelbos, à Jette, la plus ancienne réserve naturelle de Bruxelles

L'étang du Poelbos (Photo Magalie Tomas Millan)

Ce site de 4 ha était au Moyen Âge une carrière de grès calcaire qui fournissait les matériaux de construction de l’abbaye de Dieleghem. Elle fut reboisée de hêtres et de chênes au 17è siècle par les moines de l’abbaye et devint le « Poelbos ».

Le Poelbos fut ensuite inclus dans le parc du château Tircher construit au 19è siècle, dont seule subsiste la glacière. Celle-ci sert aujourd’hui de refuge pour chauves-souris. Il aura tout de même fallu patienter 19 ans pour que quelques murins à moustaches et oreillards décident de s’y installer.

La carrière a creusé un vallon boisé encaissé au fond duquel on trouve plusieurs sources et un ruisselet alimentant un étang de pêche artificiel. Le bois, site Natura 2000, ne fait l’objet d’aucune gestion pour que les processus de forêt primitive puissent s’y dérouler.

Début juin sur un sentier odorant tapissé d’ail des ours, le bois résonne des cris des grenouilles rieuses qui ont élu domicile dans la mare de la Ferme pour enfants située à proximité.

Le lierre joue les couvre-sol avec les ronces ou s’élance vers les sommets, sa feuille changeant de forme selon qu’il soit au sol ou se faufile le long des troncs. Il s’agirait du mets préféré de l’unique chevreuil du bois que vous croiserez peut-être (probablement un fugueur des communes flamandes limitrophes dont la présence détectée en juillet 2015 a pu être confirmée grâce à des caméras infrarouges). L’absence de chiens dans cette réserve clôturée semble lui convenir.

Le lierre est parsemé de gouet tacheté (Arum) reconnaissable à son fruit rouge toxique et à ses feuilles en fer de lance. Sa fleur, piège à mouchettes glissant, les attire par son odeur et les relâche chargées de pollen.

Les anciens grands hêtres dominants plantés par les moines et qui figurent parmi les arbres remarquables de Bruxelles (le plus âgé a atteint 300 ans), sont progressivement remplacés par les érables sycomores, les érables planes et les frênes. Les ormes autrefois importants mais décimés par la maladie causée par un champignon, ne subsistent que sous forme de rejets.

Des fougères scolopendres garnissent le creux du vallon, elles apprécient ce sol calcaire. Celui-ci s’enorgueillit aussi de la présence du rare tamier, une plante grimpante proche de l’igname, appelée aussi « herbe aux femmes battues » car on en appliquait le rhizome sur les ecchymoses. Il s’agirait de la limite nord de la répartition de cette plante en Europe continentale.

L’iris jaune « bruxellois » égaye les bords de l’étang, d’où s’envole un héron cendré probablement issu de la colonie de hérons du parc de Laeken (qui a compté jusqu’à 200 couples).

L’étang de pêche héberge libellules, demoiselles, bergeronnette des ruisseaux, canard colvert et des espèces introduites comme le canard mandarin et le nénuphar jaune.

Différents types de nichoirs sont installés dans la réserve : fermés pour la mésange, semi-ouverts pour le rouge-gorge. Ils sont accrochés par un fil torsadé qui enserre le tronc et se déplie au fur et à mesure de la croissance de l’arbre.

Laura Vandenbergh

Article publié à l'origine dans la Feuille de Chou n°54 (Septembre - Octobre 2016)

La CEBO organise des visites guidées de la vallée du Molenbeek le premier samedi de chaque mois. Découverte de deux réserves naturelles régionales : le Poelbos et le marais de Jette. R.D.V. à 14 h devant l’entrée de la réserve du Poelbos, av. du Laerbeek 110 à 1090 Jette (face au terminus UZ Brussel des bus13, 14, 53). Bottes ou bottines indispensables. Chiens non admis. Guide nature : Jean Rommes 

Natagora Bruxelles

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Communes de la régionale :

Anderlecht, Auderghem, Berchem-Sainte-Agathe, Bruxelles, Etterbeek, Evere, Forest, Ganshoren, Haeren, Ixelles, Jette, Koekelberg, Laeken, Molenbeek-Saint-Jean, Neder-Over-Heembeek, Saint-Gilles, Saint-Josse-ten-Noode, Schaerbeek, Uccle, Watermael-Boitsfort, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre

Natagora, association de protection de la nature, se mobilise pour prserver la biodiversit des habitats naturels en Wallonie et Bruxelles. Pour cela, nous avons besoin de votre soutien !