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Des chauves-souris surveillées de près par Plecobrux

Les chauves-souris sont particulièrement bien suivies en Wallonie. Mais Bruxelles n’est pas en reste grâce à Plecotus, le groupe de travail chauves-souris de Natagora et sa section bruxelloise, Plecobrux

Pour les chauves-souris, comme pour bien d'autres espèces, les causes de recul sont bien connues. Pour rappel voici quelques exemples:

  • restauration et modification de bâtiments qui servaient de gîtes,
  • destruction d’alignements d’arbres ou de haies,
  • pollution chimique ou lumineuse,
  • morcellement des habitats…

Pour proposer des solutions, il faut pouvoir disposer de données précises. C'est le but du travail de Plecotus: collecter un maximum d'informations sur l'évolution des espèces de chauves-souris qui trouvent leur nourriture au-dessus des étangs et étudier d’autres zones de chasse.

Les activités de «monitoring»

Grâce au soutien de la Région de Bruxelles-Capitale et du groupe Plecotus luxembourgeois, un petit groupe de Bruxellois intéressés par les chauves-souris s'est formé au sein de Plecotus il y a un peu plus de 10 ans. Plecobrux était né!

Plecobrux a pour tâche principale d’assurer des actions de surveillance dans les trois zones Natura 2000 de la Région bruxelloise, et ceci en association avec le Vleermuizenwerkgroep de Natuurpunt.

Plecobrux réalise le "monitoring" de 45 étangs et plans d’eau de ces zones Natura 2000, tandis que le Vleermuizenwerkgroep se concentre sur les zones boisées. Une partie des données est également récoltée par l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, des bureaux d'études, des volontaires indépendants.

C’est quoi un "monitoring"?  À l'aide de détecteurs d'ultrasons (ou batbox), les chauves-souris qui chassent au-dessus des étangs sont identifiées et l'activité de chasse est quantifiée. 15 étangs sont étudiés une année donnée et chaque étang est surveillé 3 fois entre mai et septembre.  L’année suivante 15 autres étangs sont étudiés et l’année d’après, les derniers étangs. Ensuite, le cycle recommence.

Ce monitoring s'inscrit dans le cadre d’une demande de la Commission européenne: établir le suivi de toute une série d'espèces – dont les chauves-souris – dont les populations ne se portent pas bien, voire se sont parfois effondrées depuis une soixantaine d'années.

La Région bruxelloise héberge 18 espèces de chauves-souris (sur les 23 que compte la Belgique), ce qui représente une belle richesse spécifique pour un milieu fortement urbanisé. Les "hotspots" de la diversité des chauves-souris se trouvent en Forêt de Soignes et le long des étangs du bassin de la Woluwe. Pour en savoir plus, consultez la "Synthèse de 10 de monitoring des chauves-sours en Région de Bruxelles-Capitale" (dans l'Écho des Rhinos, n°108, septembre 2020, page 8).

D'autres actions plus occasionnelles

Plecobrux effectue également d’autres actions, très diversifiées, mais plus ponctuelles:

  • des captures (dans des conditions strictes car tous les mammifères sauvages à Bruxelles sont protégés par la loi),
  • des inventaires spécifiques au détecteur d'ultrasons: points d'écoute, trajets dans les milieux propices, 
  • des inventaires à l'aide de systèmes d'enregistrement automatiques,
  • le suivi des appels SOS chauves-souris.

Les chauves-souris restent mystérieuses…

Une des difficultés réside dans la découverte de nouvelles colonies et de nouvelles zones de chasse. Il n'est donc pas toujours aisé de savoir si le suivi est le reflet de la réalité sur le terrain car les populations sont connues de manière partielle.

Des grandes questions nous préoccupent:

  • Où sont les colonies de reproduction?
  • Où sont les gîtes d'hibernation ou les sites de «swarming»?
  • Où les chauves-souris chassent-elles en dehors des étangs?

Pour rappel, le «swarming» chez les chauves-souris est un comportement de rassemblement, en grand nombre et toutes espèces confondues, à l’entrée de cavités souterraines ou de toutes cavités (arbre creux, bâtiment, ...) où un mâle parade en chantant pour attirer des femelles.  L’essentiel des accouplements ont lieu lors de ces rassemblements, qui ont lieu en fin de saison (septembre-octobre principalement).

Parfois nous faisons de jolies découvertes. Les nombreuses sorties nocturnes ont révélé la présence d’espèces rares ou supposées disparues à Bruxelles: le grand rhinolophe, la pipistrelle de Kuhl (seul le cri social permet l’identification), le vespertilion des marais…

Il faut dire que ces dernières décennies la qualité de l’eau s’est améliorée à Bruxelles. Des zones sont aujourd’hui exemptes de pesticides et que nous espérons donc faire encore de belles découvertes.

Plecotus à Bruxelles c’est aussi...

  • des stands d’informations qui ne parlent que de chauves-souris!
  • des formations (de temps en temps)
  • des guidances nocturnes
  • des réunions conviviales
  • des contacts avec d’autres chiroptérologues
  • la participation à «La nuit des chauves-souris» (NEC pour les intimes)

Le groupe de travail Plecotus Bruxelles, c’est aussi un groupe dynamique: si vous êtes intéressés, nous vous proposons de vous joindre à nous pour quelques soirées par an, voire plus si c'est votre plaisir.  Puis, à votre tour de bien vouloir partager votre expérience avec d'autres. Contactez-nous via plecobrux@natagora.be

Plus d’infos sur:

https://plecotus.natagora.be/

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