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Le Marais du Broek

Le Marais du Broek est le reliquat d’une zone humide beaucoup plus étendue qui permettait auparavant le stockage des eaux claires et leur écoulement lent par le Geleytsbeek, ruisseau ucclois affluent de la Senne. Si le site n'a pas le statut officiel de "réserve naturelle", sa gestion par la Commission de Gestion de Natagora Bruxelles, en collaboration avec la commune d'Uccle, n'en est pas pour autant différente. Cela fait maintenant plus de 10 ans que les volontaires de la Régionale s'y retrouvent deux fois par an, en mars et en octobre, pour des journées de gestion inoubliables.

Localisation et historique du site

Le marais du Broek se situe entre la chaussée de Saint Job, la rue des Pêcheurs et la rue Basse dans le quartier autrefois appelé le «Petit Saint Job». Il fait partie intégrante du bassin versant du Geleytsbeek, ruisseau ucclois affluent de la Senne, qui s’écoule le long de la chaussée de Saint Job vers la plaine du Bourdon.

Il est situé dans une zone qui est naturellement inondable et qui était, encore au début du XXième siècle, bordée d’étangs et de pêcheries. Le marais, anciennement le «Grand Etang» ou l’ «Etang Saint Pierre», constitue aujourd’hui une zone humide qui récolte une partie des eaux du versant nord de la vallée et donne naissance à des mares. Celles-ci peuvent s’assécher en été lorsque le niveau de la nappe descend. Le Broek sert de refuge à la faune et à la flore aquatiques et de zone relais entre les espaces verts comme ceux du Kauwberg et du Kinsendael. Le marais est donc un point clé du maillage vert et bleu de la Commune d’Uccle.

Au siècle dernier, le plus grand étang d’Uccle occupait tout l’espace entre le chemin des Pêcheurs, la chaussée de Saint-Job et la rue Basse. Il a été remblayé vers 1920 lors de l’élargissement de la chaussée de Saint-Job. L’ancien étang a été partiellement loti et bâti, sauf les terrains qui devaient se trouver sous le futur viaduc autoroutier. Après l’abandon du projet, cette zone s’est reboisée spontanément.

C’est une zone humide d’un demi hectare où l’eau se trouve à quelques centimètres du sol, la nappe aquifère affleure le terrain gorgé d’eau. Son niveau fluctue selon les saisons et les précipitations ; des ruisseaux y coulent en hiver, les mares sont alors remplies d’eau mais peuvent être à sec en été. C’est un milieu typique de fond de vallée brabançonne, très important pour la biodiversité et pour l’absorption des pluies dans la vallée lors de forts orages. C’est un bassin d’orage naturel.

Placé dans le maillage vert, il est situé en zone verte au PRAS. Les mares permettent la reproduction de nombreux insectes et batraciens, les plantes typiques des fonds humides ont conquis le milieu : angélique, iris des marais, plantes herbacées des marais (carex, joncs...). C’est un lieu de reproduction des tritons et grenouilles où de nombreux oiseaux insectivores viennent profiter de la nourriture abondante.

Le Broek a été pris en charge et géré à l’initiative de Dédée Speetjens dès 1995, avec l’aide de riverains et de SOS Kauwberg. Cette association lui a ensuite succédé dans la gestion du site, avant de confier cette mission à la Régionale Natagora Bruxelles, en 2008, maintenant sous la responsabilité de sa Commission de Gestion. Le rachat du terrain par la Commune d’Uccle pour en faire une réserve naturelle est en bonne voie.

Description des habitats

  • Mégaphorbiaies: La végétation est caractéristique des zones humides. L’abandon de la gestion (fauchage et/ou pâturage) du site a entraîné par endroit une colonisation par des saules qui, aujourd’hui, permet de constituer un habitat diversifié hautement favorable à la biodiversité. A terme, en l’absence de gestion, les saules risquent de recoloniser l’entièreté du site entraînant une perte de biodiversité.Le cortège de plantes y est diversifié avec une dominance de plantes des marais, des lisières et des prairies humides. Les espèces les plus typiques sont : le millepertuis à quatre angles (Hypericum tetrapterum), la scrofulaire aquatique (Scrophularia auriculata), le lotier des fanges (Lotus pedunculatus), la stellaire des fanges (Stellaria alsine), le cirse des marais (Cirisum palustre), le scirpe des marais (Eleocharis palustris), la laîche des marais (Carex acutiformis), la laîche hérissée (Carex hirta), la reine-des-prés (Filipendula ulmaria), le jonc aggloméré (Juncus conglomeratus), le myosotis à poils réfractés (Myosotis nemorosa), la prêle des marais (Equisetum palustre) et des menthes (Mentha sp.). Une zone humide à saules montre un développement important de fourrés de saules.
  • Bois: Il s’agit d’une recolonisation récente d’une prairie par des espèces d’arbres pionniers, majoritairement des saules (Salix sp.).
  • Mares: Deux mares en faveur des batraciens ont été aménagées récemment. Elles sont alimentées par les eaux qui viennent de la source de la rue des pêcheurs, l'eau de suintement est ferrugineuse.
  • Bosquet de saules: Au milieu de la parcelle, un bosquet de saules s’est installé. Ils représentent un grand atout biologique sur le site.

Faune

  • Oiseaux: Les oiseaux sont le groupe le mieux connu, les espèces suivantes ont été observées sur le site ou à proximité, et sont à considérer comme des espèces cibles pour la réserve : fauvette grisette (Sylvia communis), fauvette à tête noire (Sylvia atricapilla), fauvette babillarde (Sylvia curruca), pic vert (Picus viridis), pic épeichette (Dendrocopus minor), rouserolle verderolle (Acrocephalus palustris), rouserolle effarvatte (Acrocephalus scirpaceus), bruant des roseaux (Emberiza schoeniclus).
  • Mammifères: Les mammifères suivants ont été observés sur le site et sont à considérer comme des espèces cibles pour la réserve : lapin de garenne, lièvre (Lepus europaeus), pipistrelle de nathusius (Pipstrelles nathusius). Il est probable que des espèces de mustélidés sont également présentes sur le site (fouine, belette, hermine et putois). Le renard fréquente régulièrement le site.
  • Amphibiens: La grenouille rousse (Rana temporaria) est certainement présente. L’ensemble des amphibiens communs sont à considérer comme des espèces potentiellement présentes sur le site. Vu les caractéristiques des milieux présents, la réserve pourra devenir un site très important pour ce groupe taxonomique.
  • Insectes: C’est dans les mégaphorbiaies que le potentiel est le plus élevé pour les insectes. Parmi les espèces déjà observées, on citera pour les papillons de jour : le myrtil (Maniola jurtina), la sylvaine (Ochlodes venatus), des piérides (Pieris sp.). De nombreuses sauterelles ont été repérées dont le conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis), espèce typique des zones humides, et la grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima) plus généraliste. Le criquet des pâtures (Chorthippus parallelus) est également très commun. Des libellules fréquentent également le site dont le sympétrum sanguin (Sympetrum sanguineum) et le leste vert (Lestes viridis).

Envie de vous y rendre ou de participer à une gestion?

Il est possible de visiter le Marais du Broek lors de visites guidées durant les journées de gestion ou lors d’évènements organisés par Natagora et d’autres associations locales (recensements, évènements Natagora multi-sites,…).

  • Pour vous y rendre en transports en communs, prendre le bus 60 qui longe le Broek (arrêts possibles: Lecomte, Drossart ou Chênaie) ou le tram 92 (arrêt Dieweg)
  • Pour participer à l'une des gestions (les premiers week-ends de mars et d'octobre), contacter la Commission de Gestion.

Les actualités

Les membres de la Commission de Gestion ont fait un état des lieux du Marais ce premier week-end de mars 2021 et vous racontent...

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